‹ Les évangilesChapitre 187 sur 268 · Tout le peuple écoutant, il dit à ses disciples · texte numérisé non relu

Tout le peuple écoutant, il dit à ses disciples

40. Gardez-vous des Scribes, qui affectent de marcher vêtus de longues robes, et qui aiment à être salués dans les places publiques, à seoir sur les premières chaires dans les synagogues, et aux premières places dans les festins;

47. Qui, sous prétexte de leurs longues prières, dévorent les maisons des veuves. Ceux-ci recevront une plus dure condamnation.

Rendez à César ce qui est de César, et à Dieu ce. qui est de Dieu. Il n’est point de texte de l’Evangile sur lequel on ait pins disserté. A une question particulière qui lui étoit faite hypocritement dans l’intention de le perdre, Jésus répond par une maxime générale. Mais quel est le sens de cette maxime? Il est clair d’abord que sa pensée n’a pu être d’établir entre César et Dieu une opposition telle qu’elle impliquât, dans une sphère quelconque, l’indépendance de César à l’égard de Dieu. C’eût été un blasphème, et un blasphème absurde. Il est clair encore que celui qui disoit : Les princes des nations dominent sur elles, mais parmi vous le plus grand sera le serviteur de tous , donnoit du pouvoir selon le droit, du vrai pouvoir, une définition inapplicable à tout pouvoir fondé sur une autre base que le libre consentement des gouvernés; car le serviteur ne s’impose

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point au maître , il est volontairement choisi , accepté par lui. Qu’est-ce donc que de rendre à César ce qui est de César, à Dieu ce qui est de Dieu? Et premièrement, qu’est-ce que César? César c’est la puissance établie, quelle qu’elle soit, ce qu’étoil la puissance romaine, au temps de Jésus, chez les Juifs asservis, dépouillés de leur indépendance. Quelle que fût l'injustice de leur usurpation, ils maintenoient dans le pays un certain ordre , réprimoient les atteintes à cette sorte de justice qui protège les individus dans leur personne et dans leurs biens. La force , même dépourvue de droit, doit être en cela respectée, et chacun a le devoir de concourir à son action. C’est ainsi qu’on rend à César ce qui est de César. Mais l’usage que la force dominante fait d’elle-même ne lui donne pas le droit qui lui manque; et si, de plus, elle devient un instrument du mal, si elle viole les lois éternelles qui sont la vie de l’humanité , si, par ses exemples et ses commandements, elle pousse les peuples en des voies mauvaises, on doit, non pas lui obéir, non pas la seconder, mais lui résister; et c’est ainsi encore qu’on rend à Dieu ce qui est de Dieu. La conscience est au-dessus de la force. On ne détruit point le devoir, on n’en dispense point : on ne prescrit point contre le droit. Eternellement il seroit opprimé, éternellement il réclamerait. Dieu n’a donné les nations qu’à elles-mêmes, et ce don divin, aucune d’elles ne peut l’aliéner. Que souvent la violence le leur ravisse , le monde ne le sait que trop. Presque partout elles ploient sous des chaînes. Mais qu’est-ce que des chaînes? lin peu de fer, et le fer ne lie point lésâmes. Veulent-elles être libres, le corps l’est bientôt.

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