‹ Les évangilesChapitre 204 sur 268 · Vous êtes témoins de ces choses · texte numérisé non relu

Vous êtes témoins de ces choses

49. Voilà que moi je vais vous envoyer le don promis de mon Père. Vous, restez en repos dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en haut 1 .

50. Puis , il les mena dehors vers Béthanie ; et ayant levé les mains, il les bénit.

51. Et pendant qu’il les bénissoit, il se retira d’eux, etiléloit enlevé dans le ciel. •

52. Et eux, l’ayant adoré, revinrent à Jérusalem pleins d’une grande joie.

53. Et ils étoient toujours dans le temple, lounnt et bénissant Dieu. Amen.

Sous la simplicité familière d’un langage naïf comme celui du peuple, sous des images tirées des choses les plus communes, sous le voile du symbole, l’Evangile renferme des vérités dont la profondeur ne se révèle (pie successivement, à mesure que s’élargit la sphère de la pensée et de la connoissance. Cclaparoit, d’une manière frappante, dans la circonstance qui termine le récit de la vie de Jésus. Son œuvre est accomplie. Par sa prédication, ses exemples et sa mort, il a ouvert aux hommes la voie qu’ils devront suivre pour devenir ce

1 L'apostolat est une fonction , une mission , et la plus haute. On ne se la donne point, ou In reçoit , et en la recevant oii reçoit aussi la force nécessaire pour l'accomplir. Sans cette vertu d'en haut, tout effort est vain, toute parole est stérile.

qu’ils doivent être, pour réaliser, de progrès en progrès, la perfection que comporte leur mode présent d’existence. Il çst lui-même le type, le modèle de cette perfection, résumant en soi l’humanité entière, qu’il constitue dans l’unité par le lien du devoir et la divine attraction de l’amour : et la destinée de l’humanité, aussi bien que la destinée de chaque homme individuellement, offre, comme celle du Christ, trois grandes phases : le travail , la mort , la renaissance. Mais après, mais plus loin, que se passe-t-il? Que devient le Christ, lorsqu’après avoir parcouru ces trois phases il se retire des siens? Il ctoit enlevé dans le ciel. Ainsi en est-il de chaque homme qui a rempli fidèlement sa tâche, ainsi en sera-t-il de l’humanité. Elle montera vers Dieu, d’un mouvement sans fin, se rapprochant de lui de plus en plus par un développement perpétuel et de perpétuelles transfigurations opérées au sein d’une nature immuable. Et ce qui s’opère et s’opérera éternellement en elle, s’opère dans toute la création: elle est enlevée dans le ciel comme le Christ : sa loi la plus universelle est une loi d 'Ascension vers Dieu, en qui elle aspire à se plonger, avccqui elle tend à être une, n’ayant d’autre terme que cette unité même, qui, croissant toujours, ne sera jamais consommée. Tout vient de Dieu, tout retourne à Dieu, non pour s’y perdre, s’y absorber, mais pour s’y dilater en se nourrissant de lui, et le représenter, le reproduire toujours plus complètement, plus parfaitement au dehors de lui-même. Tel est le but final des choses, et la grandeur de l’homme est de le pressentir, de le connoîtrc en une certaine mesure, et, dans ce merveilleux travail de toutes les créatures associées à celui du Créateur, d’y concourir par des fonctions que comprend son intelligence, et que sa volonté accomplit librement.

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