Il faut qu’il croisse, et que je diminue
31. Celui qui vient d’en-haut, est au-dessus de tous. Celui qui procède de la terre, est de la terre et parle de la terre*. Celui qui vient du ciel, est au-dessus de tous.
32. Et ce qu’il a vu et entendu, il en rend témoignage; et nul ne reçoit son témoignage.
33. Celui qui a reçu son témoignage, a attesté que Dieu est véritable.
34. Car celui que Dieu a envoyé, dit des paroles de Dieu , parce que Dieu ne lui donne point l’esprit avec mesure.
35. Le Père aime le Fils , et il a tout remis entre ses mains.
36. Qui croit au Fils a la vie éternelle : qui ne croit point au Fils ne verra point la vie, mais l ire de Dieu demeure sur lui.
Il y a des doctrines de la chair et des doctrines de l’esprit. Gardez-vous des premières, elles conduisent les peuples à la servitude par l’égoïsine et la corruption. Qui ne s’inquiète que du corps ne travaille que pour le corps, forge les fers avec lesquels il sera bientôt enchaîné. Malheur à qui entre dans la vie des sens, oubliant celle de l’âme! Un homme, une nation qui en est là, qui s’est enfoncée dans la matière, et s’en nourrit et s’en engraisse, savez-vous ce qu’elle fait? Elle prépare un festin pour les vers. Ce sont les doctrines de l’esprit qui affranchissent et qui délivrent, qui raniment et qui sauvent ; c’est par elles que ce qui étoit mort, renaît. Ecoutcz-donc la voix de l’esprit, vous qui voulez renaître, qui voulez sortir du tombeau du vieux monde, plein de pourriture et d’ossements. On ne sait d’où elle vient, car ce n’est la voix de rien de connu ; elle ne part
1 La joie de Jean est l’imago do lu joie dos peuples, lorsqu’au sein de leur misère, dans les chaînes et sous le fouet, ils entendent la voix du Christ libérateur.
2 Qui ne parle que de la terre et des choses de la terre , n’est point de ceux par qui les nations sont sauvées. Le salut vient de plus haut, il descend dn ciel.
point des chaires publiques, des lieux où s’assemblent les hommes pour écouter le bruit stérile d’un enseignement sans vertu; elle est comme le souffle du désert, dont personne ne peut dire: Il est né là. On ne sait où elle va, ici aujourd’hui, ailleurs demain, partout où elle rencontre des oreilles attentives et des cœurs préparés. On ne sait où elle va, où elle conduit ceux qui se laissent guider par elle. Sur son passage, les morts se lèvent et marchent vers une terre que leurs yeux ne voient point , mais qu’ils pressentent comme l’oiseau voyageur pressent les rivages où il trouvera un plus doux soleil et une pâture plus abondante.