‹ Les évangilesChapitre 221 sur 268 · Je suis le pain vivant qui suis descendu du ciel · texte numérisé non relu

Je suis le pain vivant qui suis descendu du ciel

52. Celui qui mange de ce pain, vivra éternellement; et le pain que je lui donnerai, est nia chair pour la vie du monde.

53. Les Juifs donc disputoient entre eux, disant : Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger?

54. Jésus leur dit ; En vérité, en vérité, je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie en vous.

55. Qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

50. Car ma chair est vraiment nourriture, et mon sang est vraiment breuvage.

57. Qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi eu lui.

58. Comme est vivant le Père qui m’a envoyé, et que moi, je vis par le Père, celui qui me mange vivra aussi par moi.

1 II semble que 1rs homme** soient incapable» de reçoit uoilre l'action de Dieu »ou* *lr» conditions naturelles ; cl cependant , hors de taUuièiur , hors de sou propre être , jamais Dieu n’agit autrement.

59. Voici le pain qui est descendu du ciel; non comme vos pères ont mangé la manne, et sont morts : qui mange ce pain v ivra éternellement.

60. Il dit ces choses, enseignant dans la synagogue, à Capharnaüm.

61. Plusieurs de ses disciples les entendant, dirent : Cette parole est dure; et qui peut l’écouter?

62. Jésus, connoissant en lui-méme que ses disciples en murmuroient, leur dit : Cela vous scandalisc-t-il aussi?

63. Et si vous voyiez le Fils de l’homme montant où il étoit auparavant?

64. C’est l’esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.

65. Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car, dès le commencement, Jésus savoit qui étoient ceux qui ne croyoient point, et qui étoit celui qui le trahirait.

66. Et il disoit : C’est pourquoi je vous ai dit, que nul ne peut venir à moi, s’il ne lui est donné par mon Père *.

67. I)e ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n’alloicnt plus avec lui.

68. Jésus donc dit aux douze : Voulez-vous, vous aussi, vous en aller ?

69. Et Simon-Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irionsnous? Vous avez les paroles de vie éternelle.

70. Et nous avons cru, et nous avons connu que vous êtes le Christ, Fils de Dieu.

71. Jésus leur répondit : Ne vous ai-je pas choisis tous les douze? Et parmi vous, il y a un démon.

72. Il parloit de Judas Iscariote, fils de Simon ; car c’étoit lui qui devoit le trahir, quoiqu’il fût un des douze.

Ce que Jésus dit de soi aux Juifs dans la synagogue de Capharnaüm, a un rapport visible à cette circonstance de la dernière cène, lorsqu’ayant pris du pain et du vin, et les

1 Toute détermination efficace \ ieut du Père , dérive de sa puissance , est un don de lui ; mais il ne refuse à personne scs dons.

ayant bénis, il les présenta à ses apôtres, disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps ; prenez et buvez, ceci est mon sang ; ou , selon saint Luc : le nouveau testament en mon sang, qui sera répandu pour vous. Ici, comme à Capharnaüm, la pensée de Jésus est en partie couverte d’une obscurité mystérieuse. Il le savoit, et c’est pourquoi, sans toutefois lever le voile, il dit aux disciples : C’est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Or, par là il est clair, d’abord, que l’esprit qui seul vivifie est sa parole même, puisque ses paroles sont esprit et vie. Elle est le vrai pain du ciel, donné par le Père, le pain éternellement destiné à nourrir le monde où Jésus vient l’apporter. Et, comme il a en soi la parole de Dieu , le Verbe de Dieu , il est lui-même le pain descendu du ciel, le pain qui donne la vie au monde, et le monde ne vivra pas seulement de sa parole, il vivra encore de sa chair et de son sang; car sa chair sera immolée, son sang sera versé pour le monde , et c’est par sa chair , par son sang, par la communion de la grande victime sacrifiée sur le Golgotlm, que la vie qui est en elle deviendra la vie du monde, nourri du pain descendu du ciel. Eu tout ceci, rien qu’il ne soit aisé de comprendre. Divin mélange de symbole et de réalité, l’enseignement de Jésus, ce qu’il dit de soi et de son œuvre a la clarté de la lumière même. On sent néanmoins que cet enseignement recèle encore dans ses profondeurs quelque chose de caché, d’envcloppé, que Jésus n’a point découvert à ses disciples, sans doute parce qu’il leur suffi— soit de connoitrc ce qu’il leur en expliquoit ; mais aussi par ce motif qu’il ne venoit point proposer des dogmes à l’intelligence, et enfin par cette raison péremptoire, que le dogme lié à l’institution eucharistique ne pouvoit alors être entendu ni des disciples, ni d'aucun autre, et qu’il ne seroit, jusqu’à ce que le temps en eût éclairci le mystère, qu’un de ces germes destinés à croître avec l’esprit humain et à s’épanouir dans un avenir éloigné, une de ces vives intuitions des graudes

lois des êtres, providentiellement accordée à ceux qui, marchant à la tête de l’humanité, la guident dans la voie qu’elle doit suivre pour arriver au but qui lui est assigné. Oui, la symbolique communion du pain et du vin, de la chair et du sang, représente réellement à la fois et mystiquement, la communion substantielle et universelle des êtres, laquelle est pour eux la loi de vie, l’expression du devoir, inséparable du droit. Toutes les créatures vivent, se nourrissent les unes des autres, et toutes vivent, se nourrissent de Dieu, aliment nécessaire, aliment éternel de tout ce qui subsiste hors de lui. Et c’est pourquoi toute morale, tout culte se résume dans l’Eucharistie, dans le sacrifice et la communion dont la communion du pain et du vin est l’emblème mystérieux, et dont la vie est, dans l’univers, l’effet perpétuel comme elle-même.

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