De ce jour donc ils pensèrent à le tuer
54. C’est pourquoi Jésus ne se montrait plus en public parmi les Juifs, mais il s’en alla dans une contrée près du désert, en une ville nommée Ephrem , et il y demeurait avec ses disciples.
55. Or la Pâque des Juifs étoit proche , et plusieurs montèrent de cette contrée à Jérusalem, avant la Pâque, pour se purifier.
1 Celai que Jésus a ressuscité, qui a en soi la vie que Jésus donne , qu'on le délié , et qu'on le laisse aller ; il ne veut pas qu’on serre les siens dans les bandelettes des morts.
2 Ils soumettent la religion , la vérité, la justice , tout ce qu’il y a de saint sur la terre , aux calculs de la politique, et sur l’avis du suprême Pontife, concluent qu'il est utile que l’inuoceut soit sacrifié. Ils craignent les Bomaius , et soixante-dix ans après le meurtre du Juste, les Humains ne laissoient pas à Jérusalem pierre sur pierre.
51». Ils cherchoient donc Jésus, et se disoient les uns aux autres dans le temple : Qu’en pensez-vous, qu'il ne soit point venu pour lu fête? Or les Pontifes et les Pharisiens avoient donné ordre que si quelqu’un snvoit où il étoit , il le découvrit, afin qu’ils le fissent prendre.
Tout cc que font contre la vérité les pouvoirs qu’elle inquiète, sert en définitive au progrès de la vérité. Voyez les Pontifes et les Pharisiens : en eux apparoît, d’une manière frappante, un des caractères le plus marqué des puissances (pii déclinent, qui touchent à leur fin. Un homme prêche une doctrine sur plusieurs points contraire à la leur, et cette doctrine, par sa pureté, par sa sainteté, pénètre comme d’elle-raâmc dans la conscience du peuple. Que vont-ils faire? Ilépondre à cet homme, essayer de le convaincre d’erreur, justifier leur propre enseignement par une discussion sérieuse et sévère? Xon; ils injurient, ils calomnient le contradicteur et cherchent les moyens de lui imposer silence. Ce même homme opère de nombreuses œuvres de miséricorde; il passe en faisant du bien à tous et les guérissant. Sans doute au moins ceçi les touchera, leur sera une raison d’examiner avec sincérité la doctrine qu’autorisent de tels signes? Ils n’y pensent seulement pas; de ces signes mêmes et de l'effet qu’ils produisent sur la multitude, ils concluent qu’il faut se hâter de mettre à mort celui qui les fait. Mais quel motif enfin d’une résolution si effroyablement inique? Ils possèdent une autorité qui leur soumet la nation entière; ils sont en possession du pouvoir, des honneurs, des charges; spirituellement, matériellement, la société est constituée à leur profit; voilà ce qu’ils veulent conserver à tout prix; et pour cela ne faut-il pas empêcher toute innovation, arrêter tout mouvement, prévenir tout ce qui tendroit à détacher le peuple de ses vieilles croyances? Ne faut-il pas aussi songer aux Romains. On dépend d’eux, et ils sont forts. Qu’arriveroil-il si l’esprit de liberté nationale, venant à se réveiller, ils s’en
alarmoient? A tout cela, les Pontifes, les Pharisiens ne voient qu’un remède : que cet homme meure! Il y a dans sa parole le germe d’un avenir menaçant pour nous; attachons avec lui cet avenir à un gihet. Et le gibet a été dressé, et le Juste a expiré sur ce gihet, mais non l’avenir que rcdoutoient ses bourreaux. Eux, la justice inexorable les a bientôt atteints. Ils ont été broyés sous le pied de la croix arrosée du sang innocent, et de ce sang est sorti une voix que les morts mêmes ont entendue, une voix dont la puissance, croissant de siècle en siècle, crie aux peuples enfermés dans la tombe : Lazare, sors! et ils sortent.