‹ Les évangilesChapitre 57 sur 268 · C’est là le premier et le plus grand commandement · texte numérisé non relu

C’est là le premier et le plus grand commandement

39. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

40. Ces deux commandements renferment toute la loi et les Prophètes.

41 . Ayant rassemblé les Pharisiens, Jésus les interrogea, disant:

42. Qu’est-ce qu’il vous semble du Christ? De qui est-il fils? Ils lui répondirent : de David.

43. Il leur dit : Comment donc David l’ appelle-t-il en esprit son Seigneur, disant :

44. Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds?

45. Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils?

46. Et personne ne pouvoit lui rien répondre ; et, de ce jour, nul n’osa plus l’interroger.

1 I«a mort n’est qu’uu mot, dont le vrai son» est ipuaissanre.

Il ne se peut rien de plus formel que les paroles de Jésus- Christ, touchant les deux préceptes qui renferment toute la loi : et cependant combien peu ont-elles été comprises! Qu’est-ce que les hommes n’ont pas fait de cette loi si simple et si féconde? Parmi ccux-mcmes qui se disent les disciples de Jésus, en est-il aucun qui, plus ou moins, ne dénature son enseignement, celui-ci parce qu’il y ajoute, et celui-là parce qu’il en retranche, tous en substituant, selon les préoccupations diverses de leur esprit, à sa pensée leur propre pensée? Ils ont vu que l’Evangile rappeloit sans cesse la nécessité de la foi, la puissance de la foi : et, en effet, comment accomplir la loi sans y croire, sans croire à la réalité, à la sainteté des devoirs qu’elle impose? Comment l’amour de Dieu, d’où dérive l’amour du prochain, seroit— il possible sans la foi en Dieu? La foi et l’amour sont inséparables; qui ne croit point, n’aime point; qui n’aime point est mort à tout bien. Mais, de ses idées, quelles qu’elles fussent, de ses principes spéculatifs, chacun a voulu faire l’objet de cette foi nécessaire. De là, les sectes innombrables qui, dès l’origine, divisant les chrétiens, ont détourné le christianisme de sa voie véritable, et retardé sur la terre l’avénement du royaume de Dieu. On s’est proscrit pour des opinions; on en a fait une partie essentielle de la loi, et la principale, puisqu’elle a pu, en certains cas, suppléer les œuvres de l’amour, et que plusieurs même, pour relever l’eflicace de la foi, les ont déclarées inutiles, oubliant cette parole d’un apôtre du Fils de l'homme : « Vous croyez , c’est bien ; mais les démons aussi " croient, et ils tremblent. » Elargissez vos cœurs, et vous serez vraiment les disciples de Jésus. Il n’est point venu pour expliquer les mystères du souverain Être, ni les secrets de la création; il n’est point venu enseigner la science qui se développe incessamment, et se développera sans fin par le travail naturel et continu de l’intelligence humaine unie à Dieu, source de toute lumière : il est venu enseigner la loi de vie, qui n’est que la loi de l’amour, et donner l’exemple de son

parfait accomplissement. Hors de là le christianisme n’est qu’un nom ou mensonger ou équivoque, un mélange variable de la pensée de l’homme, fugitive comme lui, et de la vérité divine,- qui seule demeure éternellement.

Page 1