Voilà que votre maison sera laissée déserte
39. Car je vous le dis, vous ne me verrez plus, jusqu’à ec que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Jésus, toujours si plein d’indulgence et de mansuétude; Jésus qui dit : « Apprenez de moi, parce que je suis doux et n humble de cœur; » Jésus que ne rebutoit aucune infirmité, aucune foiblessc humaine; qui, avec une divine tendresse et
comme une sorte de préférence compatissante, appeloit les pécheurs, pauvres âmes malades, pour les guérir par l’onction de sa parole : Jésus s’indigne en toute occasion contre les Scribes et les Pharisiens, et, sans jamais tenter de les attirer à soi, n’a pour eux que des menaces, qu’un langage de colère et de dégoût. Pourquoi cela? Il l’explique lui-méme. Ne lisez-vous pas sur leur front ce mot, hypocrites? Docteurs de la loi, ils corrompent la loi, réduite à une lettre morte, à des pratiques stériles; ils en détruisent la substance, l’esprit, couvrant d’un voile sacré leurs passions mises à l’aise, leurs convoitises de toute espèce, leur orgueil, leur rapacité, et détournant les hommes du droit chemin. Après s’étre, dans leur cœur, séparés du vrai et du bien, leur intelligence s’obscurcit, et c’est leur premier châtiment. Ils perdent la lumière qu’ils ont cachée aux autres. Leur conscience éteinte, ayant cessé de les éclairer intérieurement, ils s’égarent toujours plus, s’affermissent dans l'erreur et le mal, et y reposent tranquilles. C’est pourquoi rien ne sauroit ranimer en eux la vie dont ils ont étouffé jusqu’au germe : ossements de morts, comme les nomme Jésus. A cette race perverse qui tue les Prophètes, flagelle et crucifie, au nom de Dieu, les envoyés de Dieu, il annonce le jugement près de descendre sur elle; il lui crie : Malheur! Car voici venir le jour où il lui sera demandé compte du sang des justes, quelle a versé. Ce qui se passoit à Jérusalem au temps du Christ, devoit plus d’une fois se renouveler dans le monde. Il s’y trouvera toujours des Scribes et des Pharisiens hypocrites, guides aveugles des peuples abusés, persécuteurs de ceux que le Père céleste envoie pour établir son règne. Mais aussi, quand ils ont mis le comble à leurs prévarications, quand le mal qui part d’eux, ayant atteint sa limite extrême, ne pourroit se prolonger sans péril pour l’avenir de la famille humaine, une voix s’élève qui crie à ces réprouvés : Malheur! et le vent de la colère les emporte.