‹ Les évangilesChapitre 82 sur 268 · Jésus aussitôt le renvoya, en lui disant avec menace · texte numérisé non relu

Jésus aussitôt le renvoya, en lui disant avec menace

44. Gardez-vous de rien dire de ceci à personne : niais allez, montrez-vous au Prince des prêtres, et offrez pour votre guérison ce que Moyse a ordonné , afin de leur être en témoignage.

45. Mais étant parti, cet homme se mit à raconter et à publier partout ce qui s’étoit passé , de sorte que Jésus ne pouvoit plus paroître dans la ville, mais se tenoit dehors en des lieux déserts; et l’on venoit à lui de tous côtés.

Les Evangélistes insistent tous sur les guérisons opérées par Jésus, parce quelles caractérisent d’une manière sensible la mission du Christ venu pour guérir l'humanité malade. 11 s’émeut de compassion à la vue des infirmités, des langueurs du corps, emblème des langueurs, des infirmités de l’àmc. Ces malheureux que la fièvre tourmente, ou que les démons possèdent, ces lépreux, ces aveugles, qu’est-ce sinon les hommes et les peuples sortis des voies de l’ordre, plongés dans les ténèbres et la corruption, dominés par l’esprit du mal? Au temps où vint Jésus, il «voit envahi la société entière, les mœurs, les lois, les institutions. La Rome des Césars devenue la capitale du monde , étoit comme le centre d’une immense orgie. La religion, chez les Juifs, réduite à de vaines formes, avilie et dégénérée, avoit perdu sa force réprimante, sa puissance morale. Le matérialisme des Sadducéens , les superstitions des Pharisiens , leur hypocrisie , avoient ruiné la base de tout ce quelle contenoit de salutaire et de vrai. Il falloit que l'édifice religieux fut reconstruit sur de plus solides et plus larges assises, pour que les nations, préparées par le baptême de la pénitence,

régénérées par celui de l’esprit, y trouvassent la guérison des maux si profonds, si multipliés, si divers, qui menaçoient la vie dans sa source meme. Mais le salut que le Christ annonçoit, et qui, pour s’accomplir entièrement, exigeoit le long travail des âges , devoit , en chacun de ces âges, et dès le commencement, produire ses fruits en chaque homme de bonne volonté, en quiconque, croyant à l’efficace de la vertu divine, voudrait sincèrement être guéri. C’est là ce qu’inculquent les Evangiles, en rappelant si souvent les œuvres que Jésus opérait. Toutefois, on doit encore tirer de ces récits une autre instruction. La guérison des maladies de l’àme ne vient pas uniquement du médecin céleste, de sa seule action indépendante de celle de l’àme ellemême. Il est nécessaire qu’elle concoure à son propre salut, car Dieu l’a faite libre, et sans la liberté, impuissante au bien, impuissante au mal, elle serait semblable à la brute, qui ne répond d’aucun de ses actes. C’est pourquoi, après avoir dit que les habitants de Cnpharnaüm amenèrent à Jésus tous les malades et tous ceux que le démon possédoit, saint Marc n’ajoute pas qu’il les guérit tous, mais qu’il guérit plusieurs malades et chassa plusieurs démons. Tel est encore, tel sera toujours l’effet delà parole de Jésus. Redite de siècle en siècle, elle agit suivant les dispositions de ceux qui l’entendent, elle guérit ceux qui veulent être guéris, die sauve ceux qui veulent être sauvés, et ceux-là seulement, car l'homme a été mis entre les mains de son conseil.

Page 1