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Et il vous montrera une grande chambre haute, Loute meu

blée ; préparez- nous-y ce qu'il faut.

13. S'en étant donc allés, ils trouvèrent tout comme il leur avait dit, et ils préparèrent ce qu'il fallait pour la pâque. 14. Quand l'heure fut venue, il se mit à table, et les FH

apôtres avec lui.

15. Et il leur dit : J'ai souhaité avec ardeur de manger celle pâque avec vous, avant que je souffre.

46. Car je vous déclare que je n’en mangerai plus désormais, jusqu’à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu.

47. Et après avoir pris la coupe, il rendit grâces, et leur dit ; Prenez-la, et la distribuez entre vous (c). ‘

18. Car j je vous dis que je ne boiraï plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le règne de Dieu soit arrivé.

19: Puis il prit le pain, et ayant rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon Corps, qui est donné pour Vous ; faites ceci en mémoire de moi (d).. |

(è) Venit. Cela peut ne pas signifier Au il fut arrivé, mais qu'on y éouchait. i ia

(ce) Il semble qu’il ne faille voir dans cette première bibi= tion qu’un toast porté à la nouvelle réforme. Cette circons+ tance manque dans Matthieu et Marc, qui ne parlent’ que de l'institution eucharistique du pain et du vin.

{d) Voir Matthieu, xxvr, 20-96, et Marc, XIV, 17 et suiv,

20. (e) I prit de même la coupe après souper, en disant : Cette coupe (f) est la nouvelle alliance en mon sang, qui sera répandu pour vous.

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= (e) Vers. 17-20. — Institution de la Cène. Le baptème, la Cène, l’insufflation du Saint-Esprit, voilà les trois rites essentiels du nouveau culte. Le dernier même peut être sans inconvénient retranché à cause de l'incertitude de sa matière. À la circoncision, Jésus substitue le baptême ; au sacrifice sanglant, le sacrifice non sanglant (cf. Jean, vi). Voilà son rite, Tout tend chez cet homme à une simplification. Pour lui, le Messie n’est qu’un symbole, le sabbat une convention de police; l'essentiel, c’est la morale, c’est la charité et l'égalité.

Il y a quelques jours, il annonçait la ruine du temple, et en parlant de sa personne, en qui repose la divinité, femplum hoc, ilenseigne aux hommes à se faire eux-mêmes temple du

Saint-Esprit. Il répudie les prêtres. — Maintenant on peut dire qu’il va mettre le comble à son impiété, en abolissant | le sacririce et en revenant à l’offrande de Melchisédech, plus ancienne et plus humaine que le sacrifice de Moïse. En effet, le Christ mort, ses disciples renoncent aux sacrifices moisiaques ; ils rompent le pain et versent le vin.

Que les trois Synoptiques aient placé cette institution solennelle le jour même où se devait manger la pâque, cela se conçoit; mais on conçoit encore mieux que le quatrième évangéliste la passe sous silence, et se borne à donner le sens de l’institution. Strauss a mal jugé tout cela.

*. (f) Hicest Calix, etc. Ces paroles sont un peu entortillées et beaucoup moins claires que dans saint Matthieu, où elles n’ont pas la moindre obscurité. Le grec porte ici littéralement : Ce calice est la nouvelle alliance, cimentée par mon sang, qui sera répandu pour vous. Cela est précis et lève tous les doutes que pourrait laisser l'interprétation rapportée par moi (WMattheu, xxv1, 28, notes 1 et j). — Remarquons que les expressions de nouvelle alliance se retrouvent dans les

ÿ 4 Au reste, la main de celui qui me trahit est avec moi à cette able.

22. Pour ce qui est du Fils de l’homme, il s'en va, selon ce qui a été déterminé; mais malheur à cet homme par qui il sera trahi (g).

23. Et ïils commencèrent à s’entre-demander qui était celui d’entre eux qui devait faire cette action.

2%. Il s’excita aussi parmi eux une contestation : lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand.

25. Mais Jésus leur dit : Les rois des nations les traitent avec empire; et ceux qui ont autorité sur elles en sont appelés les bienfaiteurs.

trois évangélistes, Matthieu, Marc et Luc. Quant à la raison pour laquelle Jésus-Christ institua son sacrifice la veille de sa mort (le jour de la pâque), c’est qu’il convenait de choisir le jour même auquel avait eu lieu l'institution du sacrifice pascal, l’effusion du sang d’un agneau. Il est si vrai que les premiers chrétiens entendirent par la Cène un sacrifice de pain et de vin, en remplacement des chairs immolées et du sang répandu, que, dans l’Apocalypse, Jésus-Christ est qualifié par comparaison d'agneau de la nouvelle loi. Ces mots renferment tout à la fois une allusion à son martyre et au sacrifice du pain.

(g) D'après ce verset, Judas a assisté à l'institution de la Cène. Or, qu'est-ce que cette institution? Le renversement de la religion hébraïque, et Jésus n’est pas le Messie! Judas, zélé patriote, n’y tient plus; il sort et va, citoyen dévoué, dénoncer son maître. La conversation des apôtres qui vient ensuite met le comble au sacrilége.

Ils s’adjugent les places et les pouvoirs dans cette révolution appelée royaume de Dieu, et qui doit abolir tout l'Etat juif. Ces idées leur étaient venues plus d’une fois. Tous jes révolutionnaires sont ambitieux; tous les démocrates sont intéressés et cupides. C’est ce sentiment que s'efforce de réprimer Jésus; mais déjà il n’est plus maitre du mouvement par lui commencé : il a porté la main sur l’arche, il est perdu.

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26. Qu'il n’en soit pas de même parmi vous; mais que celui qui est le plus grand devienne comme le moindre; et celui qui gouverne, comme celui qui sert,

27, Car lequel est le plus grand de celui qui ést à table, ou de celui qui sert? N'est-ce pas celui qui est à table? et néanmoins jé suis au milieu de vous comme celui qui sert.

28, C'est vous qui êtes toujours demeurés fermes avec moi dans mes tentations.

29. C’est pourquoi je vous prépare le royaume, comme mon Père me l’a préparé; |

30. Afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, pour juger le douze tribus d'Israël (h). ;

31. Le Seigneur dit encore : Simon, Simon, Satan vous a demandé pour vous cribler comme on crible le froment ; *

32. Mais jai prié pour vous, afin que votre foi ne défaille point. Lors donc que vous serez converti, ayez soin d’affermir vos frères,

33. Pierre lui répondit : Seigneur, je suis prêt à aller avec vous, et en prison, et à la mort méme. ;

34. Mais Jésus lui dit :-Pierre, je vous déclare que le coq ne chantera point aujourd’hui que vous n’ayez nié trois fois que vous me connaissez. Il leur dit ensuite :

35. Lorsque je vous ai envoyés sans sac, sans bourse et sans souliers, Avez-vous manqué de quelque chose?

36. Non, lui dirent-ils. Jésus ajouta : Mais maintenant que celui qui à un sac ou une bourse les prenne; et que celui qui n’en a point, vende sa robe pour acheter une épée.

37. Car je vous assure qu’il faut encore qu’on voie accompli en moi ce qui est écrit : Il a été mis au rang des scélérats ; parce que ce qui a été prophétisé de moi est près d'être accompli.

38. Ils lui répondirent : Seigneur, voici deux épées. Et Jésus leur dit : C’est assez.

39. Etant sorti, il s’en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et ses disciples le suivirent.

40. Lorsqu'il fut arrivé en ce lieu-là, il leur dit : Priez, afin que vous n’entriez point en tentation.

&1, Et, s'étant éloigné d'eux environ d’un jet de pierre, il se mit à genoux, et fit sa prière,

42, En disant : Mon Père, si vous voulez, éloïgnez ce calice de ei i er que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais a vôtre, But |

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(k) Ge verset est en contradiction avec ce qui est dit plus haut, versets 25, 26.

43. Alors il lui apparut un ange du ciel, qui vint le fortifier (à). Et, étant tombé en agonie, ilredoublait ses prières.

k4. Et il lui vint une sueur (j) comme de gouttes de sang, ui découlaient jusqu’à terre,

(à) Lucrenchérit sur Matthieu et Marc dans les circonstances de l’agonie; il introduit un ange qui soutient le courage de Jésus, et lui fait éprouver une sueur de sang, deux circonstances surnaturelles inconnues à Matthieu et Marc. Quant à Jean, il ne dit pas un mot de la scène du jardin des Oliviers, et la remplace par de longs discours que Jésus tient, après la Cène, à ses disciples. On se demande donc pourquoi les trois premiers n'ont pas, comme le quatrième, supprimé cette scène qui, après tout et malgré les ornements miraculeux dont on l’a parée, fait médiocrement honneur à Jésus? Strauss juge que la scène des Oliviers a un fondement historique, ce qui est possible. Mais ne peut-on dire aussi que les évangélistes ont prêté à Jésus le langage et les sentiments qui éclätent partout, dans les psaumes et dans Jérémie, pour des situations semblables? (Cf. Marc, x1v, 33-41. et notem.)

(j) Sudor. — Ce que l’on n’a pas remarqué, et qu'il faut relever ici, c'est que la passion de Jésus est parfaitement adäptée à sa mission et à sa Vie. La vie privée antérieure de Jésus est laborieuse, contemplative, son âme triste; pendant toute sa mission, sa pensée est méconnue, dénaturée, calomniée; au dernier moment, il se voit perdu, et son œuvre avec lui. De là la défaillance de son âme, fondée sur le désespoir d’une réforme perdue et qui fait de sa passion la plus douloureuse de toutes les passions humaines. Si le cœur

de Marie, sa mère, a été percé de sept glaives, celui de Jésus l'a été de sept fois sept. Cette circonstance doit être étudiée et mise en relief par le biographe. Après une série d’alternatives d’espérances et de découragements, Jésus est vraiment l'homme de douleurs, couronné d’épines, abreuvé d’amertume, flagellé, conspué, bafoué: — Le trait doit être mis en relief avec force,

RL L'URU GER -FtERE !

45. S'étant levé, après avoir fait sa prière, il vint à ses disciples, qu’il trouva endormis, à cause de la tristesse dont ils étaient accablés. ;

46. Et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous n’entriez point en tentation. L

47. Il parlait encore, lorsqu'une troupe de gens parut, à la tête desquels marchait l’un des douze apôtres, appelé Judas, qui s’approcha de Jésus pour le baiser.

48, Et Jésus lui dit : Quoi! Judas, vous trahissez le Fils de l'homme par un baiser?

49. Ceux qui étaient autour de lui, voyant bien ce qui allait arriver, lui dirent : Seigneur, frapperons-nous de l'épée ?

50. Et l’un d’eux frappa un des gens du grand-prêtre, et lui coupa l'creille droite.

51. Mais Jésus, prenant la parole, lui dit : Laissez, demeurezen là. Et ayant touché l'oreille de cet homme, il le guérit (k).

52. Puis, s'adressant aux princes des prêtres, aux capitaine des gardes du temple et aux sénateurs, qui étaient venus pour le prendre, il leur dit : Vous êtes venus, armés d’épées et de bâtons, comme pour prendre un voleur.

53. Quoique je fusse tous les jours avec vous dans le temple, vous ne m'avez point arrêté ; mais c’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres.

54. Aussitôt ils se saisirent de lui, et lemmenèrent. dans la maison du grand-prêtre; et Pierre le suivait de loin.

55. Or ces gens ayant allumé du feu au milieu de la cour, et s'étant assis autour, Pierre s’assit aussi parmi eux.

56. Une servante, qui le vit assis devant le feu, le considéra attentivement, et dit : Celui-ci était aussi avec cet homme.

57. Mais Pierre le renonça, en disant : Femme, je ne le connais point. | 58. Un peu après, un autre, le voyant, lui dit : Vous êtes aussi de ces gens-là. Pierre lui dit : Mon ami, je n'en suis point.

59. Environ une heure après, un autre assurait la méme chose, en disant : Certainement cet homme était avec lui ; ear il est aussi : de Galilée.

60. Pierre répondit : Mon ami, je ne sais ce que vous dites. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. .

61. Et le Seigneur, se retournant, regarda Pierre. Et Pierre se

(4) Nouvel embellissement. Jésus guérit ses ennemis, blessés par ses propres défenseurs! IL est donc bien le Christ toutpuissant, mais mourant volontairement !..,

souvint de celte parole que le Seigneur lui avait dite : Avanl que le coq ait chanté, vous me renoncerez trois fois.

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