C'est ce même disciple qui rend témoignage de ces choses
(c) Ce verset indique que la rédaction est au moins postérieure à l’an 66, année présumée de la mort de Pierre.
(d) Tu me sequere, c'est-à-dire tu seras mis à mort comme moi; Jean mourra de vieillesse.
(e) Donec veniam. Dans l'esprit de l’époque, cela ne voulait pas dire longtemps. Il faut, pour comprendre ce passage, le rapprocher de Matthieu, xv1, 28; Marc, vin, 39, et Luc, ix, 27, et les notes.
* Le grand âge de saint Jean avait fait croire aux uns qu’il . vivrait jusqu’à la venue du Messie, aux autres qu'il ne mourrait point. Saint Jean, qui ne croyait pas à sa propre immortalité, explique naïvement ce qu’il en pense en disant qu'il pourrait bien vivre, avec la grâcé de Dieu, jusqu’au jugement dernier. Or ce jugement, suivant lui, ne devait pas tarder beaucoup après la persécution de Néron et la ruine de Jérusalem. (Cf. l’Apocalypse.)
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et qui a écrit ci; et nous savons que son témoignage est véritable (f),
25. Jésus a fait encore bearcoup d’autres choses ; et, si on les rapportait en détail, je ne crois pas que le monde même pût conteair les livres qu'on en écrirail (g).
(f) Ce verset signifie bien que le rédacteur du quatrième Évangile est saint Jean; mais il ne le prouve pas, et la critique : ne se livre pas pour une si maigre raison. L'annotateur orthodoxe de la Bible sur laquelle j’ai écrit ces. commentaires, a essayé de prévenir les objections par la note suivante sur le verset 31, chapitre xx, ci-dessus : « Grotius a cru que Jean avait terminé son Évangile ? à ce verset, et que le chapitre suivant avait été ajouté par l'Église d’Éphèse, d’après les documents de l'apôtre ! lui-même, pour faire tomber la croyance que Jean ne devait jamais mourir. Mais il n’y a rien dans ces versets qui doive nous surprendre, puisque déjà, au chapitre xix, verset 35, l'Évangéliste a employé la même forme de conclusion. »
(9) Suivant les Ophites, Jésus aurait passé sur la terre, | non quarante jours après sa résurrection, mais dix-huit mois. Il n'aurait pas été reconnu de ses disciples; et lui-même, séparé, depuis le jour de sa passion, du Christos céleste, aurait été alors initié à la gnose. Après avoir longtemps réfléchi, je crois avec les Ophites que Jésus n’est pas mort de son supplice, et en cela je me sépare de Strauss.
Plus je relis cet Évangile attribué à Jean, plus je reste convaincu qu'il a été écrit assez longtemps après les autres. Déjà les premiers, racontant la vie du maître au point de vue de tous les événements qui s'étaient passés depuis sa mort, lui avaient attribué beaucoup de choses qui ne sont pas de lui. Jean se montra encore moins réservé. Le temps avait marché; à l'agitation extraordinaire de la Judée, sous Néron et Titus, avait succédé un calme général : la communauté Chrétienne se répandait partout et jouissait d’une, sécurité relative. Le Jésus de Jean devient de plus en plus théo-
logien, philosophe et parleur. À quelques détails insignifiants, souvenirs tout personnels, Jean ajoute une foule de choses qui n’ont de réalité que dans son imagination. Son Évangile explique Jésus, tel que lui, en derrier lieu, l’a conçu; il ne le raconte pas. En revanche, et pour la même raison, il supprime d’autres choses importantes, mais qui n’ont plus le même intérêt. — Ainsi, pour n'en citer qu’un exemple, au temps de la catastrophe de Jérusalem, il importait encore aux évangélistes de montrer que Jésus était de la race de David, le vrai Messie davidique : Jean n’en est plus là : son Messie est le Verbe.
Conclusion générale sur la résurrection. — Autre est:-le sens donné à la résurrection par Matthieu et Jean, et autre le sens adopté par Marc, Luc et Paul. — D'après les uns, Jésus est ressuscité dans le sens strict du mot, comme Lazare
"était censé l'avoir été; d’après les autres, il n’a eu sur les autres hommes, qui tous doivent ressusciter, que le bénéfice de l’abréviation du temps; et son corps est devenu autre, corps céleste et spirituel, une ombre. D'où résulte, à l’égard des uns et des autres, ce double soupçon : que si Matthieu et Jean parlent avec conviction, s’ils ont vu leur maître, c'est que Jésus n’était pas mort sur la croix, mais'qu'’il jugeait à propos de ne se plus montrer, ou qu’il mourut peu après ; et que si l’on doit s’en rapporter au récit de Luc et de Paul, alors Jésus n’est pas ressuscité, mais son (atne a été enlevé. (CE. Epitre de Pierre.) '
Dès son vivant, Jésus n’était pas maître du mouvement messianique. Les uns suivaient obstinément la croyance des zélateurs à un Messie triomphant et victorieux; les autres commencçaient à rêver toutes sortes de gnoses, forgeant les mystères les plus étranges sur Caïn, sur le serpent, sur Jéhovak, sur Adam, sur le Christ, sur le Logos, etc., etc., etc. On eût fait le christianisme sans Jésus.
Restaurer cette figure, c'est grandir l’homme; et rétablir la vérité, en Ôtant à Jésus son apothéose, c’est servir la raison et l'humanité.
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