CHAPITRE XX
Parabole des ouvriers envoyés à la vigne. Passion prédite. Demande des enfants de Zébédée, Domination interdite. Aveugle de Jéricho.
4. (a) Le royaume des cieux est semblable à un homme, père de famille, qui sortit dès le grand matin, afin de louer des ouvriers pour {ravailler à sa vigne ; ;
2. Et étant convenu avec les ouvriers qu’ils auraient un denier pour leur journée, il les envoya à sa vigne.
3. 11 sortit encore sur la troisième heure du jour; et en ayant vu d'autres, qui se tenaient dans la place sans rien faire, sq
L. I leur dit :.Allez-vous-en aussi, vous autres, à ma vigne, e je vous donnerai ce qui sera raisonnable; #: rs . B. Etils s’en allèrent. Il sortit encore sur la sixième et sur la neuvième heure du jour, et fit la même chose.
6. Enfin, étant sorti sur la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaignt là sans rien faire, auxquels il dit : Pourquoi demeurezvous là tout le long du jour sans travailler ?
7. Parce que, lui dirent-ils, personne ne nous a loués. Et il leur dit : Allez-vous-en aussi, vous autres, à ma vigne.
8. Le soir étant venu, le maître de la vigne dit à celui qui avait le soin de ses affaires : Appelez les ouvriers, et payez-les, en commençant depuis les derniers jusqu'aux premiers,
9. Ceux donc qui n'étaient venus à la vigne que vers la onzième heure, s’étant approchés, recurent chacun un denier.
(7) Vers. 1-30. — Conversation pendant le voyage que fait Jésus de la Galilée à Jérusalem, en suivant la rive gauche du “Jourdain. Adi ER
(a) Vers. 1 et suiv. — Cette parabole est une mise en scène de la morale fraternelle et communautaire.
10. Ceux qui avaient été loués les premiers, venant à leur tour, crurent qu'on leur donnerait davantage, mais ils ne reçurent non plus qu’un denier chacun;
11. Et, en le recevant, ils murmuraient contre le père de famille,
. 42. En disant : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et vous les rendez égaux à nous, qui avons porté le poids du jour et de la chaleur. ;
43. Mais pour réponse, il dit à l’un d'eux : Mon ami, je ne vous fais point de tort : n’êtes-vous pas convenu avec moi: d’un denier pour voire journée?
- 4%. Prenez ce qui vous appartient, et vous en allez; pour moi, je veux donner à ce dernier autant qu’à vous.
45. Ne n'est-il donc pas permis de faire ce que je veux? et votre œil est-il mauvais, parce que je suis bon?
46. Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers se- 2 les derniers; parce qu’il y en a beaucoup d’appelés, mais peu
élus.
#7. Or Jésus, s’en allant à Jérusalem, prit à part ses douze disciples, et leur dit :
48, (b) Nous allons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera
1. (b) Vers. 18 et suiv. — Suivant ce passage et une foule d'autres des quatre Évangiles, Jésus a prédit sa passion et sa mort. Je ne vois aucune raison de le nier. Il était en contradiction formelle avec les espérances judaiques, il se mettait en hostilité avec les classes puissantes, rigides observatrices de la lettre moïsiaque; tous les jours, il se voyait l’objet de dénonciations, de menaces et de violences; il savait, et il en faisait aux Juifs un amer reproche, que la fin de tous les prophètes avait été on ne peut plus malheureuse, depuis Abel jusqu’à lui; il était décidé, d’ailleurs, à tout braver pour affranchir le peuple des jongleries sacerdotales, des hypocrisies pharisaïques, et de l'engouement si redoutable du Messie. Quoi de plus naturel donc que Jésus ait prévu sa mort, qu'il en ait parlé mainte et mainte fois? Mais de là à prétendre, comme le fait Strauss, que Jésus a eu l'idée d’un Messie souffrant, mourant pour le salut de tous, victime expiatoire pour la rémission des péchés, il y a l'infini, L'idée du Messie souffrant est de beaucoup postérieure
livré aux princes des prêtres et aux scribes, qui le condamneront à mort;
192 Et le livreront aux gentils, afin qu'ils le traitent avec moquerie, et qu'ils le fouettent et le crucifient, et il ressuscitera le troisième jour. 5
20. Alors la mère des enfants de Zébédée s’approcha de lui, avec ses deux fils, et l’adora, en témoignant qu’elle voulait lui demander quelque chose.
921. Il lui dit : Que voulez-vous? Ordonnez, lui dit-elle, que mes deux fils, que voici, soient assis dans votre royaume, l’un à votre droite, et l’autre à votre gauche. ï
29, Mais Jésus leur répondit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire le calice que je dois boire ? Ils lui dirent : Nous le pouvons. né
23. Il leur repartit : Il est vrai que vous boirez le calice que je boirai; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, il ne dépend pas de moi de vous le donner; mais cela sera donné à ceux à qui mon Père l’a préparé.
24. Les dix autres apôtres, ayant entendu ceci, en conçurent de l'indignation contre les deux frères.
25. Et Jésus, les ayant appelés à lui, leur dit : Vous savez que les princes des nations les dominent, et que les grands les traitent avec empire (c).
26. Il n’en doit pas être de même parmi vous ; mais que celui qui voudra devenir plus grand parmi vous soit votre serviteur ;
27. Et que celui qui voudra être le premier d'entre vous soit votre esclave;
28. Comme le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir,et donner sa vie, pour la rédemption de plusieurs,
29. Lorsqu'ils sortaient de Jéricho, il fut suivi d’une grande troupe de peuple; |
30, Et deux aveugles, qui étaient assis le long du chemin, ayant
à Jésus ; il a fallu, pour en venir là, d’abord reconnaitre qu'il ne pouvait plus y avoir de Messie tel que le voulaient les Juifs, passer de là à un autre système, et enfin personnifier l’idée de Jésus, et faire de lui un Christ d’une autre espèce.
(c) On n’est jamais plus démocrate que lorsqu'on a perdu sa nationalité. Sic les Polonais depuis le partage de leur pays; de même les Hébreux sous les rois d’Assyrie, les Hérodes et les Romains, |
entendu dire que Jésus passait, commencèrent à crier, en disant : Seigneur, Fils de David, ayez pitié de nous.
31. Et le peuple les reprenait pour les faire taire; mais ils se mirent à crier encore plus haut, en disant : Seigneur, Fils de David, ayez pitié de nous. |
32. Alors Jésus s’arrêta; et les ayant appelés, il leur dit : Que voulez-vous que je vous fasse? .