SAINT MARC
Écrit selon moi, et d’après l’ensemble de mes observations sur la vie, le caractère, la doctrine et le plan de Jésus, ainsi que sur l'opinion que s’en formèrent, après coup et peu à peu, ses disciples, après l'Evangile de Matthieu, mais avant celui de jean.
L'Évangile de Marc, le disciple, n’est guère qu’un compendium de celui de Matthieu le publicain.
Suivant l’école de Tubingue, Marc est un juste-milieu qui évite de se prononcer entre le parti de Pierre et celui de Paul.
Strauss le regarde comme une deuxième formation du travail légendaire : il en trouve la preuve dans üune foule de petites circonstances et de détails accessoires qui, au premier coup d'œil, donnant plus de précision, d'actualité, de réalité au récit, semblent provenir du fait d’un témoin oculaire, mais qui en réalité ne sont que des embellissements auxquels le rédacteur a été conduit après coup, et souvent à la suite de ses propres raisonnements.
La vie et les discours de Jésus ont été d’abord répandus par la prédication et conservés par la tradition orale. Le besoin de la propagande a fait naître ensuite le besoin de les écrire. Les récits qui en ont été faits, d’abord fort nombreux, — on a compté près de cinquante évangiles, — ont été
écrits par les soins des diverses Églises ou communautés religieuses, et plus tard réduits à quatre principaux, réputés authentiques.
Suivant des critiques plus modernes encore que Strauss, l'Évangile de Marc, au lieu d’être un abrégé de celui de Mat- ‘thieu, serait au contraire le premier noyau sur lequel auraient été fabriqués ensuite le premier et le troisième. En fait, le deuxième, Evangile contient seize chapitres ; le premier vingt-huit et le troisième vingt-quatre. Il importe d’en recueillir, à l’aide d’une critique désormais rationnelle, les traits généraux ; de voir si tous les points de doctrine controversés durant tout le premier siècle sont décidés par Marc dans le même sens que par Matthieu, etc.
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