Car les pharisiens, et tous ses Juifs, ne mangent point
(e) Cette inintelligence obstinée des disciples, de même que l’incrédulité des pharisiens et des Juifs, ne prouve qu’une chose, à savoir la nature à la fois légendaire et posthume du récit. Comme l’a dit un critique, les miracles de Jésûs laissent dans l’incrédulité ceux qui les voient et convertissent ceux qui les lisent. Donc ils ont été inventés pour les lecteurs ;' ils n’ont pas été faits pour les spectateurs! Et quant à la messianité de Jésus, elle est aussi le produit de la tradition, non un fait posé hautement par le maître. Ni les contemporains ni Jésus n’y peuvent croire, parce qu'ils attendent autre chose du Messie; mais après l’an 72, on commence à y avoir foi, parce qu’on n'attend plus rien d’un autre !…
sans avoir souvent lavé leurs mains, gardant en cela la tradition des anciens;
4. Et lorsqu'ils reviennent du marché, ils ne mangent point non plus, sans s’être lavés. Ils ont encore beaucoup d'autres observations qu’ils ont reçues, et qu’ils gardent : comme de laver les coupes, les pots, les vaisseaux d’airain et les bois de lit. :
5. C'est pourquoi les pharisiens et les scribes lui dirent : D'où vient que vos disciples n’observent point la tradition des anciens, mais qu’ils prennent leur repas sans avoir lavé leurs mains?
6. Il leur répondit : C’est avec grande raison qu'Isaïe a fait, de vous autres hypocrites, cette prophétie qui se lit dans l’Ecriture : Ce peuple m'honore des lèvres; mais leur cœur est bien éloigné de moi;
7. Etc’est en vain qu’ils m’honorent, en publiant des maximes et des ordonnances humaines ;
8. Car, laissant là le commandement de Dieu, vous observez avec soin la tradition des hommes, lavant les pots et les coupes, et faisant encore beaucoup d’autres choses semblables.
9. N’êtes-vous done pas, leur disait-il, des gens bien religieux, de détruire le commandement de Dieu, pour garder votre tradition? + ‘
10. Car Moïse a dit : Honorez votre père et votre mère ; et que celui qui outragera de paroles son père ou sa mère, soit puni de mort.
41. Mais vous dites, vous autres : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Corban, c’est-à-dire tout don que je fais à Dieu vous est utile; 4! satisfait à la loi (a);
42. Et vous ne lui permettez pas de rien faire davantage pour son père ou pour sa mère,
43, Rendant ainsi inutile le commandement de Dieu par votre tradition, que vous-mêmes avez établie; et vous faites encore beaucoup d’autres choses semblables (b).
(a) Cf. Matthieu, xv, 5, note b. — A l'interprétation tout à fait littérale que je propose de ce verset, au passage cité de saint Matthieu, je ne sais s’ilne vaudrait pas mieux préférer la suivante : Jésus fait allusion aux hypocrites qui, pour se dispenser de subvenir aux besoins de leurs parents, feignaient d’avoir donné tout leur disponible au temple ; ressemblant en cela à nos vieilles dévotes qui déshéritent leurs familles et croient faire assez pour elles en donnant leur bien à l’Église. (Cf. le Tartufe, dans Molière.)
44. Alors, ayant appelé de nouveau le peuple, il leur dit : Écoutez-moi tous, et comprenez bien ceci :
15. Rien d'extérieur, qui entre dans le corps de l'homme, n’est capable de le souiller; mais ce qui sort de l’homme est ce qui le souille.
16. Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu’il entende.
17. Après qu’il eut quitté le peuple, et qu'il fut entré dans la maison, ses disciples lui demandèrent ce que voulait dire cette parabole.
18. Et il leur dit : Quoi! vous avez encore vous-mêmes si peu d'intelligence ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui du dehors : entre dans le corps de l’homme ne peut le squiller;
19. Parce que cela ne va pas dans son cœur, mais dans son ventre, d'où ce qui était impur dans tous les aliments est séparé et jeté dans le lieu secret? ; |
20. Mais ce qui souille l’homme, leur disait-il, c’est ce qui sort de l'homme même.
21. Car c’est du dedans du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les homicides,
22. Les larcins, l’avarice, les méchancetés, la fourberie, la dissolution, l'œil malin ef envieux, les médisances, l’orgueil, la folie et le dérèglement de l'esprit.