‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 1 sur 729 · Les évangiles synoptiques · texte numérisé non relu

Les évangiles synoptiques

Ce que Jésus a pensé de lui-même; quand et comment les disciples ont été amenés à le considérer comme le Messie ; dans quel rapport la conscience qu'il avait de sa mission se trouve avec le parti qu'il prend d'aller à Jérusalem, et le dénouement tragique de sa carrière : ce sont des problèmes que soulève la confession de Pierre et les instructions qui la suivent. On va voir qu'ils se sont déjà posés en quelque façon, le dernier surtout, devant les évangélistes, et que la réalité de l'histoire doit avoir été plus simple que leurs récits.

Marc, viii, 27. Et Jésus s'en alla avec ses disciples vers les villages de Césarée de Philippe ; et, sur le chemin, il interrogea ses disciples, leur disant : « Qui les hommes me disent-ils être ? »

28. Et ils lui répliquèrent, disant : « Jean le Baptiste. Et d'autres :

Elie. D'autres : un des

Matth. xvi, 13. Et Jésus, étant allé dans la région de Césarée de Philippe, interrogea ses disciples, disant :

«Qui les hommesdisentils qu'est le Fils de l'homme ? » 14. Et ils dirent : « Les uns :

Jean le Baptiste.

D'autres : Élie.

D'autres : Jérémie ou l'un des prophètes. » 15.

Luc, ix, 18. Et il advint, comme il était à prier en particulier, que ses disciples furent avec lui, et il les interrogea, disant : « Qui la foule me dit-elle être ? »

19. Et eux, répondant, dirent : « Jean le Baptiste. D'autres : Elie.

D'autres : Quelqu'un des prophètes anciens ressuscité. » 20. Et il

A. Loisy. — Les Évangiles synoptiques, H.

prophètes. » 29. Et il 11 leur dit : « Et vous, leur dit : « Et vous, qui

leur demanda : « Et quimedites-vousêtre?» me dites-vous être? »

vous, qui me dites-vous 16. Et répondant, Et Pierre, répondant,

être ?» 30. Répondant, Simon-Pierre dit :« Tu dit : « Le Christ de

Pierre lui dit : « Tu es es le Christ, le Eils du Dieu. »

le Christ. » Dieu vivant. »

La ville de Panéas, au sud de l'Hermon, près des sources du Jourdain, avait été rebâtie par le tétrarque Philippe, qui lui avait donné le nom de Césarée en l'honneur de Tibère. Pour la distinguer de Césarée de Palestine, on l'appelait Césarée de Philippe. Cette ville était païenne. Hérode le Grand y avait érigé un temple de Rome et d'Auguste. Jésus, qui n'est pas allé à Tibériade, n'entra pas non plus à Césarée. On pourrait croire, d'après Marc l, qu'il est parti de Bethsaïde, et s'est avancé au nord, le long du Jourdain, jusqu'aux villages qui a voisinaient la ville de Philippe. Mais l'évangéliste ne le dit pas expressément, et il n'y a pas de lien entre l'histoire de l'aveugle et la confession de Pierre. Jésus peut être arrivé à Panéas en revenant du pays de Sidon 2, et c'est probablement ce qu'indiquait la source, avant les remaniements occasionnés par la combinaison des deux multiplications de pains, des deux disputes et des deux miracles qui les suivent.

Matthieu 3 indique aussi le terme du voyage, sans marquer le point de départ. Quant à Luc, que l'on retrouve en cet endroit, il omet entièrement la circonstance du voyage, en sorte qu'il semble placer la scène de la confession à Bethsaïde, où il a conduit Jésus pour la multiplication des pains 4. La simplification des récits ne va pas sans un certain embarras : Luc dit que Jésus priait à l'écart 5, ce qui paraît emprunté au préambule du miracle de la marche sur les eaux G, et il se trouve que les disciples sont avec lui. C'est peine

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