Cf. Jùlicher, II
rendre à l'invitation qui leur a été faite l, et les autres répondent au signalement de ceux qui prennent la place de ces invités 2.
Il y a donc lieu de penser que le sens allégorique introduit dans la parabole est déjà ici dans l'esprit de l'évangéliste, qui n'a pas seulement en vue les conditions de la charité désintéressée, mais celle de la propagande chrétienne auprès des Gentils, pauvres et infirmes dans l'ordre spirituel. Vu la part qui doit être reconnue, dans cette sentence, à la rédaction, il est peut-être téméraire d'affirmer que Jésus avait voulu enseigner, par un exemple, le désintéressement dans la pratique de la charité fraternelle, et que Luc aurait tourné cette leçon générale en conseil particulier sur la matière spéciale des invitations à faire 3.
La « résurrection des justes » pourrait être indiquée ici par opposition à la résurrection générale, à la résurrection du jugement, que l'on supposerait postérieure, et à laquelle participeraient les méchants 4 ; mais il est possible aussi que la résurrection des justes soit mentionnée parce que l'on songe uniquement à la récompense des bons, le sort des méchants restant en dehors de la perspective.
La parabole du Festin est amenée ensuite par une de ces questions qui servent souvent de transition dans le troisième Evangile. Un des convives, entendant parler du bonheur des justes, loue ceux qui seront admis au festin messianique, songeant sans doute à lui-même, et s'exclame : « Heureux qui prendra part au repas du royaume ! 5 ». Dans la source, la parabole commençait sans doute comme chez Matthieu : « Le royaume des cieux est comparable à un homme ». Luc met « le royaume » dans la question du pharisien, et commence l'histoire ex abrupto : « Un homme fit un grand festin ». Ce pharisien et les autres représentent le judaïsme riche et orgueilleux, qui n'aura point de part au royaume qu'il espère. Noter l'artifice, tout littéraire et médiocrement réussi, par lequel la première sentence est adressée aux commensaux du Christ, la deuxième à son hôte, et la parabole présentée comme réponse à la remarque d'un des convives.