‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 133 sur 729 · Le. v, 27-32; I · texte numérisé non relu

Le. v, 27-32; I

2. J. Weiss, Lk. 521. ; B. Weiss, Lk. 527. Le rapport avec v, 27-32 n'autorise pas l'hypothèse d'une source spéciale pour xv, 1-2, car ce dernier passage paraît dérivé du premier.

3. V. 59. £Ï7tev 8s -obç, aùioù; ttjv 7;ap<x6oXr)v xauTï)v vise le discours parabolique (cf. v, 36), plutôt que la premièi^e parabole, car on ne peut séparer celle-ci de la seconde (cf. Mt. xxn, 1, l'emploi de iv rcocpaPoXaï; pour une seule parabole) ; et si cet exorde avait été écrit pour la troisième, rien n'empêchait de mettre -apajîoXàç en le transposant.

Jésus reçoit les pécheurs, et l'introduction amène à cet effet pécheurs et publicains, et pharisiens pour se scandaliser. Mais, à prendre cette donnée à la lettre, puisque ce sont les publicains qui cherchent Jésus, le reproche des pharisiens serait à peine fondé en fait.

Le Sauveur justifierait sa conduite à l'égard des publicains et des pécheurs par les sentiments de Dieu même à l'égard de ses enfants égarés : le Père céleste a grand désir de les ramener au bien, comme le berger souhaite ramener au bercail une brebis perdue ; il les cherche avec le soin que met une ménagère économe à retrouver la pièce de monnaie qu'elle a laissée tomber dans sa maison ; il les accueille avec une miséricorde infinie quand ils reviennent à lui, comme un père dont le fils coupable, mais malheureux et enfin repentant, vient implorer l'indulgence. Qu'on ne prétende pas fermer à personne l'entrée du royaume des cieux : ceux qui en paraissent les plus éloignés ne laissent pas d'y être appelés, et, s'ils veulent y venir, Dieu se réjouira de les y recevoir.

Matth. xviii, 10. c< Gardez-vous Luc, xv, 1. Cependant les publide mépriser aucun de ces petits ; cains et les pécheurs venaient tous car je vous dis que leurs anges, auprès de lui pour l'entendre ; 2. dans les cieux, voient constamment et les pharisiens et les scribes murla face de mon Père qui est dans muraient en disant : « Cet homme les cieux. 12. Que vous en semble? reçoit les pécheurs et mange avec si un homme a cent brebis, et que eux. » 3. Et il leur adressa cette Tune d'elle s'égare, ne laisse-t-il pas parabole, disant : 4. « Quel homme les quatre-vingt-dix-neuf sur les parmi vous, ayant cent brebis et en montagnes, pour aller chercher celle perdant une, ne laisse les quatrequi est égarée? 13. Et s'il lui arrive vingt-dix-neuf dans le désert, pour de la trouver, je vous dis en vérité s'en aller après celle qui estperdue, qu'il a plus de joie à son sujet que jusqu'à ce qu'il la retrouve ? 5. Et pour les quatre-vingt-dix neuf qui quand il l'a trouvée, il la met sur n'ont pas été égarées. 14. Ainsi ses épaules avec joie; 6. et arrivé à n'est-ce pas la volonté de votre la maison, il convoque les amis et Père des cieux qu'un seul de ces les voisins, leur disant : « Réjouispetits périsse. » sez-vous avec moi, parce que j'ai trouvé ma brebis qui était perdue. » 7. Je vous dis que de même il y aura plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence. »

Dans les deux premières paraboles, Jésus interpelle directement ses auditeurs, en alléguant des exemples qui doivent leur être fami-

liers : « Quel homme * d'entre vous ayant cent brebis, etc.? » Le propriétaire d'un tel troupeau n'est pas un homme riche, puisqu'il est en même temps son propre berger, et qu'il n'a pas de serviteur pour courir après la brebis perdue, ou pour rester, en son absence, auprès des quatre-vingt-dix-neuf2. La parabole est plus régulièrement développée dans le troisième Evangile que dans le premier : un homme a cent brebis ; si l'une d'elles vient à s'égarer, le berger laisse le gros du troupeau dans le désert, qui est un lieu de pâturage, et court après celle qui est perdue. Ce berger serait plus qu'imprudent s'il devait être longtemps absent, mais on doit supposer que la poursuite dure au plus quelques heures. S'il retrouve sa brebis, il est tout heureux 3, et il la met sur ses épaules pour la ramener ; rentré chez lui, il se félicite avec ses amis et voisins de l'avoir retrouvée. Ainsi en est-il dans le ciel quand un pécheur se convertit. C'est une âme perdue qui revient. Dieu et ses anges éprouvent, à la revoir, une joie toute particulière, qu'ils ne ressentent pas à l'occasion des justes, parce que ceux-ci ne leur ont donné aucune inquiétude.

Les justes dont on parle sont les vrais serviteurs de Dieu; il n'entre pas dans l'objet de la parabole d'examiner qui ils sont ; mais, toute considération théologique mise à part, on ne peut soutenir que ces justes aient une existence purement hypothétique 4, ou que Jésus ne parlerait pas de vrais justes, et se moquerait des justes selon la Loi, parce que ceux-ci, sans qu'ils s'en doutent, ont besoin de conversion 5. Les justes doivent être aussi réels que les pécheurs. Quand Jésus prononça cette parabole, il ne se proposait pas de formuler une théorie du salut, ni de présenter l'adhésion à sa personne comme une condition absolue de justice ; il suppose que beaucoup de ses auditeurs, Juifs exacts et de moralité sévère, peuvent être en règle avec Dieu ; ce qu'il affirme, c'est que les

Page 1