‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 180 sur 729 · Cf. iv, 10; vu · texte numérisé non relu

Cf. iv, 10; vu

4. îïàXiv, à leur tour, comme plus haut, v. 2, les pharisiens; ou plutôt peutêtre, comme en d'autres occasions (n. 3), qui appartiendraient à la même couche rédactionnelle que x, 10-12.

5. V. 10. £?? tîjv oîxtav (nBDL. Leçon commune : iv tt] oîx(a). Cf. ix, 33.

Capharnaùm ; elle désigne la maison où Jésus 'avait reçu l'hospitalité, dans l'endroit où les pharisiens l'interrogèrent ; ou bien elle signifie que les paroles qu'on va lire ont été dites aux disciples en particulier ; et il est plus probable encore que cette transition a été ménagée pour amener la parole sur le divorce, qui se lit dans le discours sur la montagne, et que Marc a pu prendre dans la source où a puisé le rédacteur du discours.

On a vu que cette sentence, dans sa forme originale, devait être ainsi conçue : « Je vous dis que quiconque répudie sa femme lui fait commettre un adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. » Elle a été reproduite en ces termes par Luc. Marc paraît l'avoir modifiée pour l'adapter plus exactement aux mœurs de la société où vivaient ses premiers lecteurs. Non content de dire que le mari qui répudie sa femme pour en épouser une autre commet un adultère à l'égard de la femme qu'il a renvoyée, il ajoute que la femme aussi, quand elle se sépare de son mari, quand elle le « répudie », pour en prendre un autre, commet un adultère !. La femme pouvait prendre l'initiative de la séparation chez les Grecs et les Romains, non chez les Juifs. Le cas d'Hérodiade est une exception qui n'a guère pu être visée par Jésus, et qui ne se présentait pas comme un simple divorce.

Il se pourrait néanmoins que cette seconde leçon sur le divorce qui vient en explication de la première, et dans les mêmes conditions que l'explication du Semeur et celle de la parole sur ce qui souille l'homme, fût aussi une glose traditionnelle, qui aurait complété l'enseignement de Jésus par celui de Paul ; le caractère pratique de cette glose lui aurait valu d'entrer, avec adaptation au judéochristianisme, dans une rédaction secondaire du recueil de discours, où Matthieu et Luc l'auraient connue.

Le rédacteur du premier Evangile arrange et complète les don-

1. V. 12. xa! sàv aùrr] àxoXuaaaa xov avôpa aùrTjç yaii.rî<T7] àXXov [xoi/axat. Cf. I Cor. vu, 10-13, dont Marc peut dépendre. Il convient de noter la variante de D (Ss.) dans Me. 12 : xai. èàv yuvr) IÇsXÔfj àr:6 tou àv8pôç aÙTTjç zaî aXXov ya^dr], qui se rapproche davantage de Paul, et n'exprime pas l'hypothèse, qu'un écrivain d'origine juive ne pouvait guère prêter à Jésus, d'un divorce proprement dit, l'ésolu parla femme. Le rapport avec Paul est encore plus frappant dans Ss. : « Une femme qui quitte son mari, et qui est épousée par un autre, commet un adultère; et un homme qui quitte sa femme, et en épouse une autre, commet un adultère. » Wellhausen, Me. 84, adopte la leçon de D.

nées de Marc. A la question posée par les pharisiens il ajoute les mots ' : « pour une cause quelconque », dans l'intention évidente de préparer l'addition qu'il a faite aussi à la réponse de Jésus - : « sauf le cas d'infidélité ». Ces mots ayant toutes chances d'être une interpolation pratiquée par l'évangéliste 3, les premiers, qui leur servent d'introduction, doivent être aussi regardés comme une glose. L'interpolation a pour effet, dans le cas présent, de donner un aspect nouveau à la question posée par les pharisiens. Il semblerait que ceux-ci demandent à Jésus de se prononcer entre Hillel et Schammaï ; mais on ne voit pas comment, dans ce cas, il aurait pu se compromettre en donnant raison à l'un ou à l'autre. Il est vrai qu'il commence par leur donner tort à tous deux ; mais la question se trouve conçue en dehors de cette éventualité, en sorte que le rapport de la demande et de la réponse manque d'exactitude. Le dialogue a perdu aussi de sa vivacité, parce que le rédacteur, n'ayant pas le même intérêt que Marc a laisser entendre que les apôtres n'avaient pas compris un enseignement d'ailleurs très clair, et se réservant de les faire intervenir pour amener une autre instruction, a voulu réunir ce qui a été dit aux pharisiens et ce qui a été dit aux disciples en un seul discours où Jésus établit le principe de l'indissolubilité du mariage 4, sauf à rejeter à la fin l'explication du règlement mosaïque relatif au divorce, avec l'exception tirée du cas d'infidélité. Plusieurs anciens témoins 5 lisent seulement : « Et je vous dis que quiconque renvoie sa femme, sauf en cas d'infidélité, et en épouse une autre, commet un adultère ». Ce qu'on lit ensuite dans le grec reçu 6 et dans la Vulgate latine : « Et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère », paraît avoir été ajouté par les copistes d'après le discours sur la montagne 7. L'évangéliste

1. V. 3. et IÇeaTtv ànoXG'aai Trtv yyvaïxa auTOj xatà rcasav attt'av ; Cf. p. 196, n. 2.

2. Cf. Me. 11. o; av à7:oX'jaT) tt)v yu /atxa aùxou /.al ya;j.r)3T) àXXrjv, [xot/àtat lit'ttùvfo, et Mt. 9. "kèyai 81 ujxïv oti o; av &izo\Ù3T\ t/jv yuvatxa aùxou [jly) ijtî Jtopvit'a, xat ya^rjor; aXXïjv, (lotyarai.

3. Sur les preuves et les motifs de cette interpolation, voir I, 578-580.

4. Noter v. 4, la leçon de Ss. : « Celui qui a fait l'homme a fait aussi la femme », au lieu de : ô xrïaaç a7:'àpy^ç àpssv xal 6f]Xu È^otrjasv aùtoûç. Ss. a lu aùxdç (conformation à Gen. ii ? Wellhausen, Me. 96). Ss. omet ensuite xa iTjwv au commencement du v. b (cf. Me. 7).

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