B. Weiss, loc. cit
5. V. 20.àfi.T)v XéfM 6[iïv ott ^Àoûatoç ouaxdXw; eîseXeûasxai sic ttjv (3aaiXstav twv oùpavtôv (Me. 23). 21. rcaXtv 8è Xéyw 'jjxïv, tùxonfl&Ttpov iomv xtX. (Me. 25; mais 7:aXiv ôè Xé-fw 'jjaïv fait écho à Me. 24 : 6 8è 'Itjsoîîç rA\v/ ànoxpidslç Xî'yEt aùioïç).
les auditeurs l'exclamation : « Qui peut être sauvé? » et il résume encore plus que Matthieu la déclaration finale du Sauveur * : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. » L'auteur du troisième Evangile laisse tomber volontiers les traits qui ne sont pas favorables aux disciples, ou qui peuvent sembler superflus, et il a pu se régler en partie sur la source de Marc.
Marc, x, 28. Pierre se Matth. xix , 27. Luc, xvm, 28. Et mit à lui dire: «Nous, Alors prenant la parole, Pierre dit : « Nous, nous avons tout quitté, Pierre lui dit : « Nous quittant ce que nous et nous t'avons suivi. » nous avons tout quitté, avions en propre, nous 29. Jésus dit : « Je et nous t'avons suivi, t'avons suivi. » 29. Et vous (le) dis en vérité, Que nous en reviendra- il leur dit : (xxn, 30 : nul n'aura quitté mai- t-il? » 28. Et Jésus leur « Afin que vous mangiez son, ou frères, ou sœurs, dit : « Je vous dis en et buviez à ma table, ou mère, ou père, ou vérité que vous, qui dans mon royaume, et enfants, ou champs, m'avez suivi, lors de la que vous soyez assis sur pour moi et pour régénération, quand le des trônes, jugeant les l'Evangile, 30. qui ne Fils de l'homme s'as- douze tribus d'Israël. ») reçoive maintenant, siéra sur son trône glo- « Je vous (le) dis en dans ce monde, le cen- rieux, vous serez assis vérité, nul n'aura quitté tuple en maisons, vous-mêmes sur douze maison, ou femme, ou frères, sœurs, mères, trônes, jugeant les frères, ou parents, ou enfants et champs, avec douze tribus d'Israël, enfants, à cause du des persécutions, et 29. Et quiconque aura royaume de Dieu, 30. dans le siècle avenir la quitté frères ou sœurs, qui ne reçoive beauvie éternelle. 3t. Et ou père, ou mère, ou coup plus en ce monde, beaucoup de premiers enfants, ou champs, ou et, dans le siècle à venir, seront derniers, et les maisons, à cause de la vie éternelle. » derniers premiers. » mon nom, recevra beaucoup plus et obtiendra la vie éternelle. 30. Et beaucoup de premiers seront derniers, et de derniers premiers. »
Les disciples sont rassurés sur l'avenir de l'Evangile; mais la pensée de leur propre avenir est censée s'offrir à leur esprit. Pierre prend la parole et dit : « Nous, nous avons tout quitté et nous
1. Me. 27. 7iapà àvOpojrco'.ç (D, touto) àSûvarov (D, iartv), àXX' où Tcapà 6ew (D, îtapà 81 toj ôsto 8uvaTov)* ravra yàp Ôuvaià ~apà tSt Osai (omis dans D. Cf. Gen. xvm, 14; Le. i, 37). Mt. 26. je. à. touto àSùvaTov ÈaTiv, rapà Si Osai râvTa SuvaTa. Le. 27. xà àSùvaTa Ttapà àvôpoiTiot; SyvaTa Toi Osw fortv .
t'avons suivi '. » Les apôtres ont fait ce que le Christ demandait au riche; leur participation au royaume de Dieu semble donc assurée. Pierre le dit avec l'intention de faire confirmer cette espérance par Jésus. C'est pourquoi le premier Évangile pose expressément la question : « Que nous reviendra-t-il ? 2 » Quelle sera au juste la récompense du renoncement que leur vocation a imposé aux disciples? La réponse présente quelques variantes dans les trois relations, pour la partie qui leur est commune. Marc distingue nettement une double récompense, celle de ce monde et celle du siècle à venir3 : en ce monde, les avantages de la société chrétienne, qui met à la disposition de chacun les maisons et les biens de tous, qui fait des fidèles un peuple de frères et garantit ainsi leur félicité au milieu des persécutions qui leur viennent du dehors ; dans l'avenir, la vie éternelle. Dans l'énumération des personnes que les disciples auront quittées, il n'est pas question de la femme, que Luc a cru devoir mentionner : il eût été choquant de la signaler dans la reprise avec les frères, sœurs et enfants qui doivent être rendus au centuple ; peut-être aussi l'évangéliste a-t-il pensé que les apôtres mariés n'avaient pas réellement quitté leurs femmes, et que, s'ils l'eussent fait, ce sacrifice aurait été sans compensation directe en ce monde. Au sens spirituel où Jésus l'entend, il ne peut être question que de frères, de sœurs, de mères, d'enfants 4. On aurait pu aussi parler de pères, mais peut-être Marc s'en est-il abstenu dans la seconde énumération, parce que le langage chrétien de son temps ne comportait pas l'emploi de ce mot au pluriel 5. Les conditions de la vie chrétienne dans les premiers temps de l'Eglise ont dû exercer une certaine influence sur la forme que le second Evangile donne à ce discours, à moins qu'elles ne le lui aient suggéré tout entier. Car la distinction d'une double félicité, celle du temps présent et celle du siècle à venir 6, n'est pas conforme au point de vue ordinaire de l'enseignement évangélique ; le bonheur est promis aux pauvres et aux affligés dans l'avènement du
1. Me. 28. îôoù fjtxeïç àçp7)xa[ji£v rcàvTa (Le. 28. ri F8ia, expression qui veut être plus exacte que Jtâvxa) xat TjxoXouGri'xapLév aot.