xxi, 14 ; supr. p
3. Remarquer l'explication xai £ÙayyEXtÇo^.evou. Supr. p. 294, n. 2.
4. Me. 29. ÏTZc.p(x>zr\<j(xi uu5U s'va Xoyov vise le point sur lequel Jésus attend une explication. De même Le. 3, ipM-i\a'o Ouï; y.kyoi \6yov ; Mt. 24, IpwiTÎaw OuS; y.ày(o loyov Sva, ov cÎRirci uoi, xà-fù xrX., où la question de Jésus s'oppose plus directement à la question des prêtres.
Cette question n'était pas facile à résoudre pour ses interlocuteurs. Il s'agissait pour eux de se prononcer ouvertement sur la mission de Jean-Baptiste, caractérisée par l'acte extérieur qui la résumait aux yeux du public, la cérémonie du baptême : le Précurseur était-il envoyé de Dieu, ou bien n'avait-il reçu mission que de lui-même l? La question est faite pour les embarrasser, et parce que Jésus ne veut pas leur répondre. Au fond, ils ne croyaient pas que Jean-Baptiste eût été envoyé de Dieu, mais il était facile de prévoir qu'ils n'oseraient pas formuler une négation qui indisposerait le peuple contre eux2, parce que le peuple tenait Jean pour un vrai prophète. Ils ne pouvaient donc que se taire, ou dire, contre leur pensée, que la mission de Jean venait du ciel. Mais, dans ce cas, leur réponse fournissait à Jésus le moyen de les confondre, puisqu'ils avaient refusé d'écouter Jean-Baptiste.
Telles sont les réflexions qu'ils font en eux-mêmes 3 et entre eux 4, et qui les décident à prendre le parti du silence. En déclarant qu'ils ne savent que penser sur la question proposée, ils renoncent, pour le moment, à obtenir de Jésus une réponse qui pourrait le compromettre ; mais ils échappent eux-mêmes à l'inconvénient inévitable de donner des armes à l'adversaire qu'ils poursuivent, ou de froisser l'opinion populaire. En leur faisant dire que Jésus leur reprocherait de n'avoir pas cru au Précurseur, les évangélistes n'ont pas pensé seulement au baptême, que les interrogateurs n'avaient pas reçu, mais encore au témoignage qu'eux-mêmes disent avoir été rendu par Jean-Baptiste au Sauveur. Il serait naturel, en effet, que Jésus invoquât en sa faveur l'autorité de Jean,
1. Me. 30. tô j3a7:Tta1u.a -ô 'Itoavou è£ oùpavoS (d'en haut, de Dieu, bien que le mot « ciel » ne le désigne pas ici directement) tjv y\ àÇ iv6poi«wv (d'origine humaine et terrestre ; cf. Act. v, 38-39) ;
2. Dans Me. 32, le discours est comme suspendu sur la seconde alternative : àXXà ïfowojxev *iÇ àv6pw7twv, parce que l'évangélisle, ne voulant pas leur faire avouer leur crainte (cf. n. 3), donne lui-même l'explication nécessaire : âcpo[3ouvTo tÔv Xaov. Le. 6, et Mt. 25, attribuent aux sanhédristes toutes les explications de Me. 32 ; mais Luc l'a fait plus habilement, justifiant la crainte des prêtres : ô Xa.dc, arc a; xa-aXiôdba fjai;, au lieu de l'exprimer directement.
3. Mt. 25. oî 81 BieXoyi'ÇovTo rcap' laoToïç. Et le discours qui leur est prêté (V. 26. cpo[3ou[A£0a xôv o/Xov) n'a pu être qu'intérieur.
4. Me. 31. xaù StEXoyi'Çovxo (Le. 5. oî 81 uuvEXoyîaavxo) rcpo; ÉauTouç. Le. 6. D, rcsrceiatjivot yap sîaiv au lieu du singulier.
si les membres du sanhédrin avaient déclaré, sincèrement ou non, que Jean avait une mission divine. Mais les paroles du Sauveur n'impliquent pas aette intention spéciale : les interrogateurs étaient assez condamnés par le fait de leur incrédulité envers un envoyé de Dieu, et ce que Jean avait dit touchant le prochain avènement du royaume céleste pouvait autoriser suffisamment les revendications de Jésus, sans qu'un témoignage rendu à sa personne par le Baptiste eût besoin d'être invoqué, si ce témoignage avait été réellement donné. Mais on ne peut dire que le Sauveur a voulu seulement éprouver l'aptitude de ses interrogateurs à trancher la question qu'il leur pose '.
Dès qu'ils se refusent à parler, le Christ ne peut prendre avantage de leur réponse ni la réfuter. Comme leur mauvaise foi rendrait superflus les efforts qu'on pourrait faire pour les éclairer, Jésus s'autorise de leur silence pour ne pas résoudre non plus la question qu'ils lui ont faite. L'incident est clos, et ce qui suit, dans les trois Évangiles, n'y a aucun rapport 2.