LE TRIBUT DE CÉSAR
Marc, xii, 13-17. Mattii. xxii, 15-22. Luc, xx, 20-26.
Les membres du sanhédrin, en interrogeant le Sauveur touchant le pouvoir qu'il s'attribue, n'ont pas réussi à obtenir de lui une réponse qui pût le compromettre. Mais ils ne se tiennent pas néanmoins pour définitivement battus, et ils ne tardent pas à envoyer des gens le questionner sur un point délicat, l'obligation de payer le tribut à César. Les trois Synoptiques rapporteront ensuite une question des sadducéens, puis une question sur le principal commandement de la Loi, enfin une question posée par Jésus lui-même à ses adversaires touchant le rapport du Messie avec David. Viendront enfin le discours contre les pharisiens, et le grand discours apocalyptique. Il n'est pas possible que tout cela ait été dit dans la même journée. La tradition synoptique a recueilli d'abord une série de questions qui font connaître la situation dans laquelle Jésus s'est trouvé à Jérusalem vis-à-vis du sanhédrin et des différents partis religieux de la nation. Le groupement de ces questions n'est pas rigoureusement chronologique ; il est plutôt logique et didactique1. Le discours contre les pharisiens établit la position de Jésus à l'égard du parti religieux le plus en faveur auprès du peuple, et qui, au temps des évangélistes, en était venu à représenter le judaïsme. Le discours apocalyptique couronne le ministère et l'enseignement de Jésus, et, en tant qu'il annonce la destruction prochaine de Jérusalem et du temple, il présage quelle sera l'issue
1. Si le récit de la femme adultère (Jn. vu, 53-viii, H) venait, comme on l'a supposé, après Me. xn, 17, la question des pharisiens sur le tribut aurait eu lieu le lendemain de l'expulsion des vendeurs; l'affaire de la femme adultère; la question des sadducéens, celle du grand commandement, et la question de Jésus touchant le Fils de David auraient eu lieu le surlendemain ; et si l'on prend le jour de l'expulsion des vendeurs comme premier du ministère hiérosolymitain, ce ministère aura été de trois jours pleins, non compris celui qui précéda le festin pascal. On peut trouver que c'est peu.
finale de la lutte qui s'est ouverte entre les chefs religieux de la nation et celui qu'ils vont mettre à mort.
Marc, xn, 13. Et ils Matth. xxii , 15.
lui envoyèrent quel- Alors les pharisiens,
ques-uns des pharisiens s'étant retirés, se con-
et des hérodiens, pour certèrent entre eux sur
le surprendre en pa- le moyen de le sur-
roles. 14. Et venant, prendre en paroles. 16.
^ceux-ci) lui dirent : Et ils envoyèrent leurs
« Maître, nous savons disciples avec les héro-
que tues sincère, et que diens, pour lui dire:
tu ne tiens compte de « Maître, nous savons
de qui que ce soit; car que tu es sincère, et
tu ne fais pas acception que tu enseignes la
de personnes, mais tu voie de Dieu selon la
enseignes la voie de vérité, et que tu ne
Dieu selon la vérité, tiens compte de qui
Est-il permis de payer que ce soit ; car tu ne
le tribut à César, ou fais pas acception de
non? Le paierons-nous, personnes. 17. Dis-nous
ou bien ne le paierons- donc ce qui te semble
nous pas?» 15. Mais (de cette question) : est-
lui,voyantleurhypocri- il permis de payer le
sie, leur dit: «Pourquoi tribut à César , ou
m'éprouvez- vous? Ap- non?» 18. Mais Jésus,
portez-moi un denier connaissant leur ma-
pour que je voie. » 16. lice, dit : « Pourquoi
Et ils en apportèrent m'éprouvez-vous, hy-
(un). Et il leur dit : pocrites? 19. Montrez-
« De qui est cette image, avec l'inscription ? » Ils lui dirent :
« De César. » 17. Et Jésus leur dit : « Ren-
moi la monnaie du tribut. » Et ils lui présentèrent un denier.