xu, 1-9; I
Le verset de la Vulgate 1. « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous dévorez les maisons des veuves, en faisant semblant de prier longuement; c'est pourquoi vous recevrez un jugement plus sévère », manque dans les plus anciens témoins du texte 2, et doit être considéré comme une glose empruntée à Marc 3 pour compléter Matthieu. Sa place varie dans les témoins plus récents qui le contiennent, les uns le mettant avant 4, les autres après 5 la menace concernant ceux qui ferment le royaume des cieux. Cette divergence confirme l'hypothèse de l'interpolation par glose marginale insérée dans le texte. Il paraît peu vraisemblable que Matthieu ait introduit ce passage pour amortir la contradiction qui existerait entre le reproche de fermer le royaume, et celui de chercher des prosélytes °, car cette contradiction n'est pas de celles qui pouvaient provoquer le zèle des correcteurs, et il n'était pas trop difficile de voir que l'on reprochait aux pharisiens de résister au prosélytisme de l'Evangile, tout en pratiquant ardemment le prosélytisme pour leur propre doctrine. Il est vrai, d'ailleurs, que les deux reproches ne procèdent pas du même courant d'idées.
Mattii. xxiii, 15. « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et, quand il l'est devenu, vous en faites un fils de géhenne deux fois pire que vous. »
Mauvais conducteurs pour ceux de leur nation, les pharisiens se donnent beaucoup de mouvement pour faire des recrues au dehors. Ce zèle s'inspire d'un intérêt de parti plutôt que de dévouement au salut des Gentils. Le mot « prosélyte7 » s'entend des païens qui adhéraient complètement au judaïsme, en acceptant la circoncision et pratiquant toutes les observances légales. Ceux qu'on appelle « les craignant Dieu », dans le livre des Actes8, qui faisaient