LE LIARD DE LA VEUVE
Marc, xii, 41-44. Luc, xxi, 1-4.
Le rédacteur du premier Evangile n'a pas jugé à propos de maintenir, entre le discours contre les pharisiens et le discours sur la fin du monde, ce petit récit qui aurait été de nul effet à cette place, et qui ne rentrait pas, d'ailleurs, dans les deux séries de traditions qu'il s'est proposé de recueillir, les miracles et les discours. Si Luc procède de Marc, il l'aura volontairement abrégé en plusieurs détails ; mais peut-être procèdent-ils l'un et l'autre d'une relation plus abrégée que le récit actuel du second Evangile1. En tout cas, il semble que la mention des veuves, dans le morceau précédent, ait amené l'insertion de ce touchant épisode en cet endroit 2.
Marc, xii, 41. Et s'étant assis en Luc xxi, t. Et levant es yeux, il
face du tronc, il regardait comment vit des gens riches qui jetaient leurs
la foule jetait de la monnaie dans le offrandes dans le tronc ; 2. et il vit
tronc; et plusieurs (en) jetaient aussi une pauvre veuve qui y jetait
beaucoup; 42. et une pauvre veuve, deux petites pièces (de monnaie),
étant venue, jeta deux petites pièces 3. et il dit : « Je vous dis en vérité
qui font un liard. 43. Et appelant que cette pauvre veuve a mis plus
à lui ses disciples, il leur dit : « Je que tous les autres. 4. Car tous
vous dis en vérité que cette pauvre ceux- à ont donné de leur superflu
veuve a jeté dans le tronc plus que pour les offrandes, tandis qu'elle
tous ceux qui (y) ont mis. 44. Car (y) a mis de sa misère toutes les
tous (y) ont mis de leur superflu, ressources qu'elle avait. » tandis qu'elle (y) a mis de sa misère (tout ce qu'elle avait pour) sa subsistance. »
Au dire des rabbins, il y avait, sous le portique de la cour du
1. J. Weiss, AE. 273, conjecture assez gratuitement que le récit de Marc aurait été emprunté à Luc par le dernier rédacteur du second Évangile.