‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 403 sur 729 · V. 35. ô xuptoç T7J<; oîzîaç. Cf. Mt. xx, 1; xxi · texte numérisé non relu

V. 35. ô xuptoç T7J<; oîzîaç. Cf. Mt. xx, 1; xxi

6. V. 36. [at] èX0wv êÇai'çvïis eGp-yj u|j.2ç xaôeuSovta;. Cf. Mt. xxv, S.

évident que Marc a voulu résumer, dans cette conclusion générale du discours apocalyptique, un enseignement qu'il trouvait plus développé dans la source ou dans les sources qu'il exploite. Sa péroraison est faite avec des fragments de paraboles et d'exhortations qui se sont conservées au complet dans les deux autres Synoptiques '.

La conclusion de Matthieu ressemble assez, pour le début, à celle de Marc. Mais les paroles : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre maître viendra 2 », sont plutôt un abrégé de la parabole des serviteurs qui attendent pendant la nuit leur maître absent. Cette parabole précède immédiatement, dans Luc, celle du maître et du voleur, et celle du bon et du mauvais serviteur, que l'on va lire maintenant dans le premier Evangile.

La parabole des Serviteurs qui attendent leur maître a beaucoup d'analogie avec celle des Vierges, et l'on a pensé qu'elle pourrait en être une transformation, à moins que la parabole des Vierges ne fût, au contraire, une version perfectionnée de la parabole des Serviteurs. Les deux paraboles ont quelques traits communs, mais le thème parabolique est différent, et la tradition apostolique les avait gardées séparément, bien qu'elles aient pu exercer l'une sur l'autre une certaine influence, à cause de la ressemblance du cadre et de la conclusion 3. C'est à raison de cette ressemblance que les évangélistes ont fait un choix entre les deux. Matthieu qui a retenu la parabole des Vierges n'a point gardé celle des Serviteurs. Luc, ayant reproduit celle-ci, s'est abstenu de conserver celle-là, sauf à introduire,' dans le préambule des Serviteurs, les lampes des Vierges, et à donner pour motif de l'absence du maître l'assistance à un festin de noces. On peut croire que toutes ces paraboles, les Vierges, les Serviteurs qui attendent, le Maître et le voleur, le Bon et le mauvais serviteur, formaient un groupe homogène, associé au discours sur la parousie qui se lit au chapitre xvn du troisième Evangile. A ce groupe est venu se joindre le discours apocalyptique, et c'est sur ces matériaux réunis qu'ont travaillé les rédacteurs des trois Synoptiques, résumant, combinant, découpant, transposant, chacun selon son gré. Marc puise dans les paraboles la conclusion qu'il

i. Cf. Julicher, II, 170-171.

2. V. 42. ypifiyopsiTê ouv, oxioùx oïàaxs 7i(naî][j.spaôxupio;'j txwvi'o^exai. Cf. p. 446, n. 1.

3. Cf. Holtzmann, 97, 286; Julicher, II, 459; B. Weiss, Lk. 494.

donne au discours apocalyptique, comme s'il avait trouvé les paraboles après le discours. Il est vrai pourtant qu'elles n'en faisaient point partie, car toutes supposent, conformément au discours sur la parousie, que celle-ci arrivera bientôt, sans signes précurseurs, et il paraît évident que le discours apocalyptique se terminait sur la déclaration : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » Dans leur application première, les paraboles ne concernaient pas la parousie en tant que retour de Jésus, mais l'avènement du royaume des cieux, l'avènement du Christ et le jugement de Dieu.

La parabole des Serviteurs qui attendent paraît n'avoir été, à l'origine, qu'une comparaison développée, que l'on a compliquée et interprétée en description allégorique. En recommandant aux disciples d'avoir les reins ceints et des lampes allumées, le Sauveur leur adapte, en quelque façon, par avance la parabole, qui devient allégorie. Le conseil ne peut s'appliquer littéralement aux disciples : ce sont les serviteurs qui, au lieu de se coucher pendant que leur maître est allé à un festin de noces, demeurent en l'attendant, le vêtement de dessus retroussé et attaché à la ceinture, comme pour la marche et le travail, avec des lampes allumées et toutes prêtes pour éclairer son entrée. Dès que le maître arrive et frappe à la porte, on lui ouvre, parce que tout le monde est sur pied, disposé à le servir. Grande sera la satisfaction de ce maître : il fera pour ses serviteurs ce que ceux-ci font pour lui; il les fera mettre à sa place et les servira. Ce trait n'est pas pris de l'usage ordinaire, et il semble purement allégorique ' : il s'agit du festin messianique dans le royaume des cieux, et peut-être la rédaction a-t-elle été influencée par le discours où Jésus se dit serviteur de ses disciples ~. Rien ne réclame l'hypothèse d'une idée empruntée à la coutume romaine des saturnales. Si le maître arrive tard, heureux les serviteurs qui auront su l'attendre ! Cette exclamation s'entend bien dans l'allégorie, mais elle serait déplacée dans une parabole.

La mention des veilles, qui se trouve dans Marc, est le seul détail original qui atteste l'existence de cette parabole dans la source des trois Synoptiques; il suffit pour qu'on ne confonde pas cette his-

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