‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 411 sur 729 · Wernle · texte numérisé non relu

Wernle

2. V. 34. èv /.pa'.7:aXr) xal [isÔr) xaî ixspi'avatç Piamxaîç.

3. xal àjT'.atï) Ès'Ouà; al<pvc'<5io; rj rjtiipa exei'vy] 35. wç TrayiV ÈîXEiasXEuasxa'. yàp xxX. (nBDL, mss. lat.). AC etc. (Ss. Ss. Vg.) wç rcayi; yàp iTtetaeXs'jasxai xxX.

4. xxiv, 17(LXX). rcayt? ècp'ytxaç xoù; IvoixoSvxaç fol xrj; y9);. Noter, dans le même contexte, v. 20, les expressions : wç 6 [/.eÔuwv xa;. xpai7;aX<dv, xaTta^uasv, [aïj Sûvarat àvaaxîîvat, qui ont leur écho dans Le. 36, 38. Le rédacteur s'est donc inspiré de ce passage d'Isaïe pour composer sa péroraison.

5. Il ne paraît pas que l'on doive prendre oxaôrjvai (v. 36) au passif (Holtzmann, 407; d'après Me. xm, 27), comme si les élus devaient « être présentés» par les anges. Cf. n. 4, àvaaxîjvat.

Luc a placé à la fin du discours sur la parousie une notice générale touchant les habitudes du Sauveur pendant les jours qui précédèrent sa passion. Jésus passait la journée dans le temple ; il se retirait la nuit sur la montagne des Oliviers, probablement à Béthanie * ; et le matin, dès qu'il était arrivé au temple, le peuple se pressait autour de lui pour l'entendre. Il est évident, d'après cette notice, que le discours précédent a été avec intention placé dans le temple. Le caractère un peu systématique des données, et la forme qu'elles présentent, semblent accuser l'intention de rectifier, en les généralisant, les indications que l'on trouve dans Marc. Le nombre des jours expressément indiqués par celui-ci entre l'entrée de Jésus à Jérusalem et son arrestation paraît insuffisant, et, comme on l'a vu plus haut, il a dû être diminué par l'omission du récit concernant la femme adultère. C'est peut-être pour avoir senti l'inconvénient résultant de cette omission, ou bien pour la dissimuler, que Luc a rédigé sa notice, qui s'inspire de l'anecdote supprimée 2.

Dans Matthieu, le discours sur la parousie se continue, après les comparaisons du Voleur et des deux Serviteurs, par les paraboles des Dix vierges et des Talents, pour se terminer dans une vue descriptive du jugement dernier.

Matth. xxv, 1. « Alors le royaume des cieux sera semblable à dix jeunes filles qui, ayant pris leurs lampes, allèrent au-devant de l'époux. 2. Or, cinq d'entre elles étaient sottes, et cinq sages. 3. Car les sottes , en prenant leurs lampes, n'avaient pas pris d'huile avec elles ; 4. mais les sages avaient pris de l'huile dans les burettes, avec leurs lampes.

5. Et l'époux s'attardant, elles s'assoupirent toutes et dormirent.

6. Et vers minuit, il y eut un cri : « Voici l'époux, allez au-devant de lui. » 7. Alors toutes ces jeunes filles se levèrent et arrangèrent leurs lampes. 8. Et les sottes dirent aux sages : « Donnez-nous de votre huile, parce que nos lampes s'éteignent. » 9. Et les sages répondirent en disant : « Il n'y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Allez plutôt chez les marchands, et achetez-en pour vous. » 10. Et pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux vint, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces, et on ferma la porte. 11. Et ensuite arrivèrent aussi

1. L'expression r^ÀiÇe-ro n'oblige pas à admettre (avec Godet, ap. B. Weiss, 628) que Jésus passât la nuit dehors.

2. IIoltzmann, 93, 407. Cf. Jn. vin, 1-2. Certains mss. cursifs (groupe Ferrar) insèrent la péricope de l'adultère après Le. 38. Voir QE. 536.

les autres jeunes filles, disant : « Seigneur, seigneur, ouvre-nous. » 12. Mais il leur répondit en disant : « Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas. » 13. Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. »

Par le simple mot « alors », l'évangéliste rattache cette parabole aux précédentes et au discours sur la parousie. Au point de vue logique, rien n'est plus juste, car la parabole n'a pas d'autre objet que de faire entendre comment il faudra être prêt dans l'instant même où le Sauveur apparaîtra ; mais cette transition, qui relie la parabole des Vierges à la conclusion allégorique du précédent morceau, est visiblement artificielle. La parabole du Voleur montre la nécessité de la vigilance, parce que l'époque de la parousie et du jugement est tout ce qu'il y a de plus incertain. La parabole des Deux serviteurs fait voir déjà que cette vigilance ne consiste pas uniquement dans l'attente, mais qu'elle consiste surtout dans la préparation. La parabole des Vierges, et celle des Talents, dans le contexte qui lui est donné, tendent pareillement à signifier que l'attente ne doit pas être une préoccupation oisive, mais un emploi utile de l'existence, en vue du jugement de Dieu. Quand on distribuera les récompenses éternelles, il en sera de ceux qui aspirent au royaume des cieux l comme de dix jeunes filles qui se rendaient à des noces où on les avait priées. Les dix jeunes filles sont les compagnes de la fiancée, les demoiselles d'honneur. On ne sait si le nombre dix est en rapport avec quelque usage, ou s'il a été choisi comme nombre rond, sans autre motif, et parce qu'on ne pouvait guère supposer moins pour un cas semblable. Chez les Israélites, les noces se célébraient le soir. C'est pourquoi les jeunes filles qui devaient faire partie du cortège nuptial se munissent de leurs lampes pour aller au-devant de l'époux. La Vulgate et les anciens témoins occidentaux, auxquels il faut joindie maintenant la version syriaque du Sinaï, ajoutent : « et de l'épouse. » Cette leçon ne mérite peut-être pas le discrédit où elle est tombée chez beaucoup de commentateurs, même catholiques. On comprend la possibilité d'une interpolation, mais on comprend peut-être aussi bien une suppression.

1. Pour la formule d'introduction, cf. Mt. xviii, 23; xxu, 2; supr. pp. 94,322, et I, 763, 766.

Il est possible, en effet, qu'on ait joint la fiancée au fiancé, presque sans réfléchir, comme pour compléter une énumération, et parce que la présence de tous les deux est indispensable pour la célébration des noces. Mais la mention de la fiancée pouvait paraître invraisemblable à ceux qui entendaient la parabole au sens allégorique, et qui voyaient dans l'époux Jésus venant pour le jugement, dans l'épouse l'Eglise, la société des élus que le Christ venait chercher pour les associer à sa gloire. Dans cette interprétation, qui remonte jusqu'aux temps apostoliques, il était naturel que l'époux vînt seul, pour chercher l'épouse. De cette combinaison résulte que les nocos, contrairement à l'usage, ont l'air d'avoir lieu chez la fiancée. La leçon de la Vulgate ne présente pas cet inconvénient. Au début de la parabole, l'époux serait Censé dans la maison de la fiancée, qu'il serait venu chercher pour l'amener chez lui, où l'on célébrerait les noces. Mais il est vrai aussi que, dans cette hypothèse, les compagnes de l'épouse auraient plutôt dû se joindre à elle dans sa propre maison. Dans toute la suite de la parabole, il n'est jamais question que de l'époux, comme s'il se rendait à l'endroit où la fiancée l'attend.

Mieux vaut donc s'en tenir à la leçon commune, et supposer que les noces ont lieu chez la fiancée, comme il arrivait quelquefois, ou plutôt dans une maison appartenant en propre au fiancé, car il y est chez lui et s'y comporte en maître '. Jésus aurait pris exemple d'un cas moins fréquent, mais qui convenait mieux à l'application de la parabole. La difficulté de concevoir le mise en scène inspire néanmoins quelque doute, et peut faire soupçonner que la tradition du récit a été influencée par l'interprétation allégorique. Les jeunes filles partent, on ne sait d'où, de chez elles sans doute, ou de l'endroit où elles se sont réunies, peut-être auprès de la fiancée, pour se rendre à un lieu convenu où elles attendront l'époux ; quant à la fiancée, on ne sait où elle est; on doit supposer qu'elle est déjà dans la maison où se célèbrent les noces.

Dans les dix jeunes filles, il y en avait cinq étourdies, et cinq prudentes. Les cinq étourdies, qui ne sont nullement présentées comme de méchantes personnes, trahissent leur caractère en ce qu'elles prennent leurs lampes avec l'huile qui est dedans, sans se

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