‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 448 sur 729 · xiv · texte numérisé non relu

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A. Loisy. — Les Evangiles synoptiques, II. 32

et ce devait être son habitude, puisque Judas peut aller l'y chercher à coup sûr. Luc ' et Jean2 l'ont ainsi compris, et il est bien probable que le premier connaissait encore la source de Marc, c'est-à-dire le document primitif où il n'était pas question de Béthanie, mais seulement de la montagne des Oliviers. Gomme la notation des jours appartient antérieurement au rédacteur qui connaît Béthanie, on pourrait croire que c'est lui-même qui, pour dater l'onction du Christ, a rédigé la notice : « Et la pâque et les azymes avaient lieu dans deux jours », la source faisant succéder simplement la démarche de Judas aux projets du sanhédrin3. L'anecdote de l'onction a été intercalée entre les deux, pour des motifs qu'il est assez facile de discerner, et l'embarras du début témoigne en faveur de l'emprunt à une source écrite.

D'autres hypothèses néanmoins sont possibles, la notation du second jour avant la pâque étant d'un autre caractère que le sectionnement des jours du ministère hiérosolymitain, et le lieu du repas ne pouvant être indiqué sur le mont des Oliviers, comme la retraite de Jésus. Il se pourrait donc que les deux indications viennent ici de la source primitive ; mais on peut se demander si le repas dont il s'agit, au lieu d'être celui de l'onction, n'aurait pas été le dernier repas de Jésus, et si Marc n'a pas anticipé ces indications pour faire coïncider le dernier repas avec la pâque. La mention de Simon le Lépreux n'est pas mieux préparée dans le récit de l'onction que celle de Joseph d'Arimathée dans le récit de la sépulture4 : on peut se demander si son nom ne se rattachait pas au récit de la dernière cène, ou à celui de la pécheresse de Luc, ou bien si Marc, en arrangeant son récit de l'onction, n'aurait pas voulu le relever par l'invention de ce personnage 5.

Le fait de l'onction se trouve interprété symboliquement en prophétie de la passion, et suggère au Christ une prédiction formelle de la diffusion de l'Evangile dans tout l'univers. Au moins dans cette conclusion, l'esprit du rédacteur paulinien se reconnaît. Ne pourrait-on aller plus loin encore, et se demander si une bonne partie de

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