‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 46 sur 729 · Cf. Ex. xxxn, 18, et le reproche de Iahvé, xxxm · texte numérisé non relu

Cf. Ex. xxxn, 18, et le reproche de Iahvé, xxxm

l'épileptiqle 53

Juifs leur impuissance devant le possédé. En cet état de choses, et vu ses dispositions à l'égard des disciples, il est peu croyable que l'apostrophe ne les vise pas. Cette apostrophe n'est pas plus violente que celle que Pierre a dû subir précédemment *. Tout le monde pourrait donc être associé dans le même blâme, en tant que concernant le judaïsme et les apôtres judaïsants. L'apostrophe, inexplicable au point de vue de l'histoire, se justifierait au point de vue symbolique du récit. Le père, qui a été parmi les interrogés, et qui a parlé pour tous, est compris dans le blâme, en tant qu'il représente la masse incrédule ; c'est pourquoi l'évangéliste lui fera donner plus loin une leçon de foi dont il est censé avoir profité, puisque le miracle s'accomplit. Le récit primitif ne cherchait pas sans doute à expliquer l'échec des disciples autrement que par la malice particulière du démon à chasser, comme il sera dit plus loin ; ni le père ni les autres témoins n'étaient à blâmer ; le père exposait le cas, et Jésus disait qu'on lui amenât le possédé.

Matthieu, qui ne parle pas des scribes, n'attribue aucun rôle à la foule, et fait intervenir le père seul, n'a mis en relief que l'insuccès des disciples ; c'est sur eux que paraît tomber l'apostrophe, et l'évangéliste doit les avoir en vue, puisqu'il explique leur échec par l'insuffisance de leur foi, et qu'il leur fait adresser, à la fin du récit, la leçon qui, dans Marc, est pour le père ; mais il y a disproportion entre les paroles de Jésus, qui supposent un défaut général de la foi nécessaire, et l'application qui en est faite à l'insuffisance de la foi chez les apôtres dans le cas particulier du lunatique. Dans Luc, les disciples sont également en vue avec le père, et l'apostrophe ne peut guère concerner la foule ; on ne voit pas non plus pourquoi le père, qui recourt en confiance à Jésus, mériterait un blâme ; le troisième Evangile suivrait donc ici le premier, et il ne semble pas que le rédacteur, en faisant donner au père l'ordre d'amener l'épileptique, ait voulu le présenter comme type de la génération incrédule \ Dans cette hypothèse, le miracle aurait dû plutôt lui être refusé, ou remis, comme dans Marc, après un acte de foi

i. Me. vin, 33; supr. pp. 19-21.

2. Le pluriel de Marc pourrait être entendu en ce sens; mais il s'explique par rapport aux personnes qui gardent l'enfant pendant que le père parle à Jésus. Dans Mt. 17, Me. 19, Ss. lit : « Apporte-moi ici ton fils » (cf. Le. 41).

Sur l'ordre de Jésus, l'adolescent, qui était resté au milieu du groupe des disciples et de la foule, est présenté au Sauveur; mais, en le voyant, il est pris d'une crise terrible, que Marc et Luc attribuent au démon. Pendant que le malheureux se roule par terre dans ses convulsions, Jésus interroge le père sur la maladie : il y a longtemps que de pareilles crises ont lieu ; le démon tient ce garçon depuis les années de sa première enfance ; et bien des fois il l'a jeté dans le feu et dans l'eau, suivant l'occasion, c'est-à-dire que, les attaques survenant inopinément, lépileptique est tombé un peu partout, tantôt dans le feu, à la maison, tantôt dans l'eau, dehors. On a vu cette notice anticipée par Matthieu. Pour amener la leçon de la foi, et comme s'il voulait expliquer l'insuccès des disciples, Marc fait dire au père : « Si tu y peux quelque chose, viensnous en aide, par pitié pour nous l ». Cet appela la pitié a pu être ajouté par Marc, et transposé par les deux autres évangélistes au début de la scène ; ou bien il vient de source, en la place que lui assignent Matthieu et Luc, et Marc l'aura mis à la fin de la prière qui provoque la leçon de la foi. La dernière hypothèse n'est pas la moins vraisemblable. Quoi qu'il en soit, l'homme est censé douter du pouvoir de Jésus : puisque les disciples, qui agissaient au nom de leur Maître ont été impuissants, le Maître lui-même pourrait l'être aussi devant ce cas. Le Sauveur le reprend vivement : « Si tu peux...! Tout est possible à qui croit - » ; en d'autres termes : ce n'est pas le manque de pouvoir chez celui à qui l'homme s'adresse maintenant, qui fait obstacle à la guérison demandée, c'est le manque de foi chez celui qui demande cette guérison. Le père comprend et s'humilie 3 : il croit, il veut croire, et si cette foi est insuffisante, au jugement de Jésus, que Jésus l'aide à surmonter ce défaut 4, ou plutôt qu'il l'exauce, nonobstant ce défaut 5.

1. V. 22. àÀX' st ti Ôuvy], (3o7)9T]aov r]jj.ïv a7rXay^viaflsîç Ècp'f)[ià;.

2. V. 23. 6 81 'Iriaou; elrcev aùiw *tô eî 8uvt), rcavra ouvaxà tw reiVTBÛovrt. La difficulté d'entendre tô il 8uvï] a fait de bonne heure corriger ce passage. Ss. lit : « Si tu crois ». D et autres témoins: st 8ûvr( (ou Suvaaai) rci<JT*t3cr«t. La reprise de Jésus n'a pas forme d'interrogation, et l'on doit traduire plutôt : « Quant au si tu peux, tout est possible au croyant. »

3. V. 24. luôù; xpiÇaj ô Ttaxr\o toj 7:ai8;ou (D et d'autres témoins ajoutent aeià Saxputov) IXeyev îiia-rsuor J3orj0£t [jloj tfj «Ktertif. Ss. « secours mon indigence ».

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