Pour la forme du discours, cf. supr. ix, 42 ; p
5. J. Weiss, AE. 294, la relie au v. 19 (D) : « Ceci est mon corps », trouvant que le v. 19 et les vv. 21-22 constituent la strophe de la mort, opposée à la strophe de la séparation, vv. 16-17 ; mais les vv. 16-17 forment deux « strophes » parallèles, et l'on ne peut en faire une avec : « Ceci est mon corps » et les vv. 21-22. Il est vrai, d'ailleurs, que ces vv. se rattachent beaucoup moins mal à 19 a qu'à 20.
6. V. 21. txXyjv îSoù t\ ytip xou 7rapa5i8dvxo; xxX. Luc emploie volontiers le mot îtXrjv dans ses combinaisons rédactionnelles, à défaut de transition meilleure. Cf. vi, 24, 35 ; xvin, 8 ; xix, 27.
7. V. 23. ô èp-Pà'^aç |jl£t' è[xou xrjv yeîpa lv xw xpu(3X(io, ouxdç pis napaoniaet. Cf. n. 1 et n. 2.
simple confirmation de la précédente, mais c'est une désignation expresse du traître. Jésus et Judas sont supposés avoir mis la main au plat dans le même moment. Les disciples ne peuvent donc plus avoir le moindre doute sur l'identité de l'accusé. De plus, quand Jésus a fini de parler, Judas lui-même a l'audace de lui demander : « Est-ce moi, Maître i ? » et Jésus lui répond : « Oui2 », devant tous les autres. Cependant le récit continue comme si un pareil éclat n'avait pas eu de conséquence. Il est certain que le traître n'a n'a pas été accusé personnellement devant tous ses compagnons. Le rédacteur du premier Evangile a dramatisé la situation, comme il fait assez volontiers. Tous les évangélistes ont voulu signifier que Judas avait su dissimuler jusqu'à la fin, mais que cependant Jésus avait nettement dénoncé la trahison, et de façon à faire entendre au traître lui-même qu'il n'ignorait rien de ses desseins.
Marc, xiv, 22. Matth. xxvi, Luc, xxii, 15. (I Cor. xi, 23.
Et pendant qu'ils 26. Et pendant Et il leur dit : «J'ai appris du
mangeaient, qu'ils m an- « J'ai beaucoup Seigneur ce que
ayant pris du geaient, Jésus, désiré de manger je vous ai ensei-
pain, après avoir ayant pris du pain cette pâque avec gné : que le Sei-
prononcélabéné- et prononcé la bé- vous, avant de gneur Jésus, dans
diction, il le rom- nédiction, lerom- souffrir. 16. Car je la nuit où il fut
pit, le leur donna pit et, le donnant vous dis que je ne livré, pritdu pain,
et dit : « Prenez ; à ses disciples, la mangerai plus, 24. et, ayant ren-
ceci est mon dit : « Prenez, jusqu'à ce qu'elle du grâces, le rom-
corps. » 23. Et mangez ; ceci est s'accomplisse pit et dit: « Ceci
ayant pris une mon corps». 27. dans le royaume est mon corps,
coupe et rendu Et ayant pris une de Dieu. » 17. qui (est) pour
grâces, il la leur coupe et rendu Et ayant pris la vous. Faites ceci
donna, et ils en grâces, il la leur coupe et rendu en mémoire de
burent tous. 24. donna, disant : grâces, il dit : moi. » 25. Et de
Et il leur dit : « Buvez en tous ; « Prenez ceci et même la coupe,
« Ceci est mon 28. car ceci est distribuez - le après le souper,
sang, (celui) de mon sang, (celui) entre vous. 18. disant : « Cette
i. V. 25. [A7]Tt lyw e tfjLt, oaP(3eî ;
2. dû Eîrcaç. Réponse affirmative à la question posée. On a contesté sans motif sérieux la signification de cette formule, à cause de xxvi, 64, où Ton voudrait trouver autre chose qu'un aveu direct (hypothèses de Chwolson, Das letzte Passamahl Christi 88 ; Merx II, i, 382-384 ; J. Weiss, AE. 324-325). Cf. Dalman, I, 253-254 ; Holtzmann, 290 ; B. Weiss. E. 152.
l'alliance, qui est de l'alliance, qui Car je vous dis coupe est la nourépandu pour est répandu pour que je ne boirai velle alliance plusieurs. 25. Je plusieurs en ré- plus désormais dans mon sang, vous dis en vé- mission des pé- du fruit de la Faites ceci, toutes ritéqueje ne boi- chés. 29. Et je vigne, jusqu'à ce les fois que vous rai plus du fruit vous le dis, je ne que le royaume boirez, en méde la vigne, jus- boirai plus désor- de Dieu soit ar- moire de moi. » qu'à ce jour où mais du fruit de rivé. » 19. Et 26. Car toutes les je le boirai nou- la vigne, jusqu'à ayantprisdu pain fois que vous veau dans le ce jour où je le et rendu grâces, il mangez ce pain royaume de boirai nouveau le rompit et le et que vous bu- Dieu. » avec vous dans leur donna, di- vez cette coupe, le royaume de sant: « Ceci est vous annoncez mon Père. » mon corps, [qui la mort du Seiest donné pour gneur, jusqu'à ce vous. Faites cela vienne. »
en mémoire de moi. » 20. Et la coupe de même, après le souper, disant : « Cette coupe est la nouvelle alliance dans mon sang, qui est répandu pour vous. »]
Les deux premiers Evangiles introduisent l'institution de l'eucharistie, comme ils ont introduit l'annonce de la trahison, par la formule: « Et pendant qu'ils mangeaient1. » Ainsi l'une des deux notices vient comme en surcharge de l'autre, et ce doit être l'annonce de la trahison, quoi que l'on pense de cette donnée, qui s'est superposée à la relation des paroles eucharistiques.
Comme les évangélistes, en racontant ces faits, ont eu dans l'esprit le cérémonial de la pâque, il n'est pas sans intérêt de rappeler ici les dispositions de l'ancien rituel pascal -. Le père de famille prononçait d'abord sur une coupe de vin la formule d'action de grâces : « Béni soit Dieu, qui a créé le fruit de la vigne. » On servait ensuite les herbes amères, le pain azyme, une sorte de bouillie appelée charoset, où entraient différentes sortes de fruits, et l'agneau pascal. Alors le père de famille disait : « Béni soit celui qui a créé les fruits delà terre » ; il prenait un peu d'herbes amères, qu'il mangeait après les avoir trempées dans la bouillie, et les autres convives suivaient son exemple. On apportait une seconde coupe, et le père faisait alors
i. Me. 22. xal èffOtovxwv aùiàiv. Cf. v. 18 ; supr. p. 515, n. 5. 2. Cf. Holtzmann, 99 ; B. Weiss, Mt. » 444-445.
une instruction sur la fête, conformément au précepte de l'Exode l ; on chantait la première partie du Hallel2, et on vidait la coupe. Le père de famille, après s'être lavé les mains, prenait deux pains, rompait l'un et en plaçait les morceaux sur l'autre. Il prononçait une formule d'action de grâces : « Béni soit celui qui fait produire le pain à la terre » ; puis, couvrant d'herbes un morceau de pain, il le trempait dans la bouillie et mangeait ; il prenait aussi un morceau de l'agneau ; tous les convives en faisaient autant, et le repas proprement dit commençait. A la fin, le père de famille mangeait le dernier morceau de l'agneau, se lavait les mains, et, après une bénédiction, faisait circuler la troisième coupe; on chantait la seconde partie du Hallel3, et l'on buvait la quatrième coupe, quelquefois même une cinquième. Le tout se terminait par le chant de la troisième partie du Hallel11. Si le Sauveur a réellement célébré la pâque, les paroles eucharistiques ont dû se rattacher aux différents actes du festin pascal. S'il ne l'a pas célébrée, l'analogie qui existe dans les récits, et qui exista dès l'âge apostolique dans la liturgie chrétienne, entre le rite de l'eucharistie et celui du festin pascal, pourrait ne pas venir tout entière de l'institution, mais d'une influence exercée par les rites de la pâque juive sur la célébration de l'eucharistie dans la primitive Eglise. On ne doit pas oublier d'ailleurs que des formules de bénédiction étaient également prononcées au commencement et à la fin des repas ordinaires.
Les formules d'action de grâces que Jésus a récitées sur le pain et le vin, avant de les présenter à ses disciples, étaient donc des prières semblables à celles qui viennent d'être citées, si ce n'étaient pas ces prières mêmes. Dans Marc et dans Matthieu, le Sauveur prend d'abord un pain, prononce la bénédiction, rompt le pain, et le présente à ses disciples en disant : « Prenez, ceci est mon corps5 ». Comme les convives étaient étendus sur des