‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 484 sur 729 · Ex. xxiv, 8, supr. cit. p. 523, n · texte numérisé non relu

Ex. xxiv, 8, supr. cit. p. 523, n

tion, le symbolisme théologique de Paul vers le réalisme de la foi.

Autant qu'il est permis d'adopter une opinion dans une manière aussi difficile et aussi délicate, que les commentateurs, catholiques et protestants, ne sont pas accoutumés à traiter uniquement au point de vue de l'histoire, il semble que pas une seule des quatre relations qui viennent d'être analysées ne représente exactement, soit la lettre de l'Evangile primitif, soit celle des paroles qui ont été réellement prononcées par Jésus. La formule : « Ceci est mon corps », pour laquelle tous les documents s'accordent, est la clef d'interprétation pour tout le reste, en tant qu'il s'agit de déterminer la pensée commune de la tradition écrite, dans les documents qui nous sont parvenus. La tradition littéraire suit un développement parallèle a celui de la tradition doctrinale : les degrés de ce développement sont marqués par le récit de Paul et le récit occidental de Luc, le récit de Marc reproduit par Matthieu, enfin la forme canonique du récit dans le troisième Evangile. Mais, pour être plus condensé dans la relation primitive de Luc, le sens de l'institution eucharistique ne laisse pas d'être substantiellement le même partout. Le pain et le vin de la cène sont comme le don de Jésus luimême à ses disciples, et ils le représentent dans sa mort en même temps qu'ils sont le gage de son retour. L'eucharistie est bien le sacrement de la communion. Elle donne le Christ à ses fidèles, et les réunit tous à lui, les consacrant par sa mort à la résurrection future .

La question qui se pose maintenant devant la critique, et qui attendra sans doute encore longtemps une réponse définitive, est celle du rapport qui existe entre la pensée des évangélistes, c'est-à dire la pensée de l'Eglise primitive, avec les nuances qui caractérisent les divers courants ou les étapes de la tradition, et ce qui s'est réellement fait, ce qui s'est réellement dit au dernier repas. De nombreuses explications ont été déjà proposées, en partant des textes traditionnels, et en vue de faire droit aux divers éléments qu'ils contiennent. Mais on a pu dire avec quelque raison que la plupart pouvaient se ramener à deux catégories générales * : celle qui s'appuie sur l'idée du repas commun, et celle qui s'appuie sur l'idée du symbole commémoratif de la passion, celle-ci paraissant expliquer l'institution, mais ne rendant pas compte de ce qu'était

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