‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 5 sur 729 · Cf. W. Schmiedel, EB. II, 1887. J. Weiss, AE · texte numérisé non relu

Cf. W. Schmiedel, EB. II, 1887. J. Weiss, AE

Pierre, et que, sur celte pierre, je bâtirai mon Eglise ; et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. 19. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; et ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, ce que tu auras délié sur la terre sera délié clans les cieux. »

Le nom donné à Pierre, Simon Bar-Iona [, c'est-à-dire « fils de Iona » ou Jonas, atteste encore, dans notre Evangile grec, par le maintien de la formule araméenné, qu'il vient de tradition primitive. Il n'est pas indifférent de noter que la même tradition, nonobstant une différence légère du vocable patronymique, se fait sentir dans l'appendice du quatrième Evangile 2, en un endroit où il s'agit également de la primauté de Simon sur le troupeau du Christ. Pour procéder à cette solennelle investiture, Jésus appelle l'apôtre de son nom propre, Simon, et de son nom complet, qui, selon l'usage oriental, comprend le nom du père, Simon, fils de Iona. Il le félicite de la grâce que le Père lui a faite en lui révélant son Fils. « La chair et le sang » signifient l'homme en général :{, qui ne saurait, par la seule force de sa nature, atteindre à l'intelligence des vérités salutaires. Ce n'est point par ce qu'il a entendu dire, ni même par les prodiges dont il a été témoin, que le fils de Iona est arrivé a la foi du Christ Fils de Dieu, mais par le don du Père qui est aux cieux, par l'influence de la lumière qui lui est venue d'en haut. Les signes visibles de la messianité faisaient encore défaut ' ; mais on peut douter que cette idée soit celle que l'évangéliste veut suggérer. De même qu'il a prêté sa christologie à Simon, il fait dire à l'apôtre par Jésus que cette connaissance extraordinaire et transcendante lui est venue de la seule source d'où elle pouvait venir, à savoir du Père, qui seul connaît le Fils, ainsi qu'il a été enseigné plus haut 5. Si l'on peut soupçonner Marc

1. V. 17. [xaxàpio; et, E'utov (îapuovâ, ot*. aàp£ za!. a^xa oox àjrszàXu^év <joi àXX' ô raTTj'p [ioj ô iv toî; oùpavoï;.

2. xxi, 15, 16, 17. Si';Atov 'Iwâvov. On admet généralement que 'Iwvâç est une abréviation de 'Iwàvriç (araméen N31TP). La variante tend à prouver que les deux Evangiles, bien que dépendant delà môme tradition, sont indépendants l'un de l'autre. Encore est-il qu'ils peuvent dépendre d'une source commune, et que Jean a pu choisir un nom connu, de préférence à la formule araméenné.

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