‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 521 sur 729 · B. Weiss,M/c · texte numérisé non relu

B. Weiss,M/c

vous, allons! Celui qui me livre est tout. près1. » Il n'a pas fini, que Judas paraît avec les satellites envoyés par le sanhédrin.

Il ne faut pas se dissimuler que les paroles de Jésus manquent de cohésion, et que l'équilibre qu'y introduisent les commentateurs, supposé qu'il soit conforme à la pensée de l'évangéliste, ne laisse pas d'être artificiel. On conçoit que certains auteurs 2 aient voulu faire l'unité du discours en prenant les premières paroles pour une nouvelle question : « Vous dormez encore et vous reposez ? Assez de sommeil ! L'heure est venue » etc. Les impératifs de Marc et de Matthieu ne peuvent s'entendre ainsi, bien qu'ils ne s'accordent pas réellement avec ce qui suit. Ne serait-ce pas que la tradition historique, la source de Marc, ne connaissait comme parole de Jésus que l'invitation : « Dormez maintenant et reposez-vous », qui était frustrée de son effet par l'arrivée de Judas. Le style et les préoccupations de Marc se reconnaissent dans la suite : il veut que « le Fils de l'homme » prédise une dernière fois sa destinée dans l'instant où elle va s'accomplir3, et qu'il n'ait pas été surpris par la venue du traître. Le « c'est assez » fournit une transition, peu claire d'ailleurs et très insuffisante, entre la donnée primitive et l'addition rédactionnelle ; on est bien tenté d'y reconnaître un écho du « Gela suffit », que Jésus, dans Luc, dit à propos des deux épées qu'on lui présente 4. Quoi qu'il en soit, la dernière partie du discours appartient à la catégorie des prédictions que l'évangéliste, depuis la confession de Pierre, ne se lasse pas de placer dans la bouche du Sauveur, touchant la nécessité providentielle de sa passion. Luc n'aura pas voulu non plus que le Christ ait été surpris par ceux qui venaient l'arrêter ; mais, au lieu d'emprunter à Marc une prédiction qu'il savait manquer dans les documents plus anciens, et qui pou-

1. Me. 42. SYSt'psaôe, àyw^sv •îSoù ô zapaSiSou; [xs rjyytzsv (Mt. 46. I. a. -!. 7)'yy'x£v ô

T.. li..).

2. Bleek, Volckmar, ap. B. Weiss, Mk. 220. Wellhausen, Me. 128, qui admet l'interrogation, supprime, dans Me. 41, d'après Ss., tô Xooto'v, qui l'exclut. Le texte ne peut signifier que : « dormez le reste du temps » ; mais si l'on supprime << le reste », on peut traduire : « vous dormez ? » Dans cette hypothèse, xai àvajtaûeciôs n'a guère plus de raison d'être que to Xoircov, dont l'authenticité se trouve pourtant garantie par Mt. 4b.

3. Cf. Me. 41 b, et vin, 31 ; ix, 12, 31 (ô ulôj tou àvôpfôjuou jïapa6t'8oT*i et? /.eTpa; àvGpwrccov) ; x, 33.

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