‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 544 sur 729 · Brandt · texte numérisé non relu

Brandt

A fiETHSÉMANT 589

cet événement, de regagner la Galilée. Le récit de la découverte du tombeau vide, où les apôtres sont supposés réunis autour de Pierre, ne s'accorde pas avec la donnée, certainement plus ancienne, qui montre les disciples éperdus et dispersés dès la nuit de l'arrestation *.

On pourrait supposer que, pour le récit même de celle-ci, Luc aurait conservé des traits primitifs, par exemple l'ordre que Jésus donne de laisser faire les satellites; mais toute la scène paraît arrangée, en partant du second Evangile, de façon à l'interpréter et à le corriger. On a vu que l'évangéliste amène les chefs des prêtres, les stratèges, les anciens du peuple, sur le mont des Oliviers, pour rendre vraisemblable le discours qu'il emprunte à Marc. Il n'a pas senti que la présence de tous ces personnages était une invraisemblance plus grande que celle du discours même 2. La mention qu'il en fait n'est d'ailleurs qu'une transposition de ce que dit Marc 3 touchant les prêtres, scribes et anciens qui ont réuni la troupe que Judas devait conduire à Gethsémani. La défense que Jésus adresse aux disciples peut aussi bien avoir été ajoutée, et pour les mêmes motifs, que la guérison de l'oreille coupée. Il n'est donc pas certain ni même probable que Luc dépende, pour les détails qui lui sont propres, d'une source autre que Marc, et antérieure au second Evangile.

Marc, xiv, 51. Cependant un jeune homme le suivait, n'ayant qu'un drap sur le corps, et ils le saisirent. 52. Mais celui-ci, lâchant le drap, s'enfuit nu.

Marc, à la fin de son récit, rapporte un incident si peu important par lui-même qu'on a pu y voir un souvenir personnel, et qui est, d'autre part, si mal lié au contexte, si singulier de tournure, si vague en dépit de son apparente précision, que l'on peut se demander s'il représente véritablement une donnée d'histoire. Ni Matthieu ni Luc n'en font mention, mais ce n'est pas raison pour supposer 4 qu'il appartiendrait à une couche tout à fait récente du second Evangile. Sa bizarrerie expliquerait suffisamment l'omission de la part de rédacteurs qui ont pu le juger insignifiant.

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