Cf. Maldonat, I, 600 ; Schanz, Mt
4. Le « champ du sang » ne devait pas être un simple cimetière pour les étrangers, comme le dit Matthieu, mais le nom même inviterait plutôt à y
rait n'être qu'une hypothèse diversement formulée dans la tradition chrétienne. L/auteur des Actes la développe de façon à mettre en relief la fin malheureuse de celui qui avait livré Jésus. Le rédacteur du premier Evangile, qui avait pensé reconnaître dans « le champ du sang » le « champ du potier », qu'il trouvait dans Jérémie *, et qu'il combinait avec les trente deniers et le potier de Zacharie 2, a fait valoir la même hypothèse au point de vue de l'accomplissement des prophéties. Que la combinaison du texte prophétique avec la tradition relative à la mort de Judas ait été faite par l'évangéliste lui-même, ou qu'il l'ait prise toute formée dans le milieu particulier où il vivait, il paraît incontestable que le texte prophétique, ou plutôt l'interprétation qu'on en donnait, a exercé une influence considérable sur la forme du récit. Mais cette influence a été réciproque, en ce sens que, le rapport du texte avec la donnée légendaire étant une fois établi, le texte même a été adapté à la légende.
L'évangéliste présente comme une prédiction rigoureuse, formulée par Jérémie, un texte qui ne se trouve, et cela d'une façon approximative, que dans Zacharie, avec un sens tout différent de l'application qu'il en fait ici. D'après Matthieu 3, Jérémie a dit: « Et
voir l'endroit où l'on jetait les cadavres des suppliciés. Ne serait-ce pas là que, d'après les Juifs, le corps de Jésus aurait été abandonné ? L'histoire de Joseph d'Arimathée et du tombeau vide répondrait à cette assertion, et la légende chrétienne pourrait bien avoir, longtemps après la passion, et loin de Jérusalem, disposé de Hakeldama pour Judas. Noter que la tradition met Ilakeldama au sud de la vallée de Hinnom. i. xvm, 2-3: xxxii, 6-9.