‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 590 sur 729 · Et ils crièrent, disant : « Crucifie-le · texte numérisé non relu

Et ils crièrent, disant : « Crucifie-le

crucifie-le ! » 22. Et lui, pour la troisième fois, leur dit : « Mais quel mal a-t-ilfait? »Je n'ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je vais donc, après l'avoir fait flageller, le relâcher. » 23. Et ils insistèrent avec de grands cris, demandant qu'il fût crucifié, et leurs clameurs l'emportèrent. 24. Et Pilate décida que leur demande serait exécutée.

25. Et il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour sédition et meurtre, qu'ils demandaient, et il livra Jésus à leur volonté.

a-t-il fait? » Et ils criaient plus fort, disant : « Qu'il soit crucifié ! » 24. Et Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte allait croissant, prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable de ce sang. A vous de voir! » 25. Et tout le peuple répondit en disant : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! » 26. Alors il leur accorda la liberté de Barabbas, et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu'il fût crucifié.

Si l'on suit l'enchaînement des faits tel qu'il est indiqué dans Marc, Pilate, embarrassé du silence de Jésus, et n'osant absoudre ouvertement un accusé qui ne se défend pas, convaincu d'ailleurs qu'il n'a pas affaire à un perturbateur de l'ordre public, aurait l'idée de soustraire le Christ à la mort en faisant réclamer sa grâce par le

A. Loisy. — Les Évangiles synoptiques, II. il

peuple. D'après une coutume signalée seulement dans les Evangiles, et sur l'antiquité ou même l'authenticité de laquelle on n'est pas autrement fixé, le peuple obtenait du pouvoir, à chaque fête de pâque, la mise en liberté d'un prisonnier '. Cette coutume aurait été d'origine juive, son rapport avec la pâque n'étant pas une simple coïncidence, et la mise en liberté du prisonnier rappellerait sans doute la délivrance d'Israël, quand le Seigneur le tira delà servitude d'Egypte 2. Il va de soi que nul gouvernement ne se serait laissé arracher par ce moyen la grâce d'ennemis redoutables pour lui, et il était toujours facile de dérober à la faveur du peuple les gens qu'on voulait supprimer. Mais il faut avouer que l'assertion de Marc se présente bien plutôt en forme de légende populaire que de coutume juridique.

En ce temps-là, d'après nos Evangiles, il y avait sous les verrous un nommé Barabbas, qui, avec une troupe de factieux, avait commis un meurtre dans une sédition 3. On ne saurait dire si la sédition causée par Barabbas avait un caractère politique. Il semble plutôt que ce fût une émeute vulgaire, ou un mauvais coup de gens sans aveu. Les indications sont très vagues, sous une apparence de précision 4, comme ce qui a été dit de la coutume dont Barabbas est

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