Cf. x
4. Que l'enfant doive être prisé autant que Jésus, et conséquemment que Dieu (Wernle, 31), le texte de Marc ne le dit nullement.
5. Cf. Me. 37. o; av h Ttov toio'jtmv 7:au8i'u>v (noter qu'un seul enfant est présent, mais c'est influence de x, 13) BéSpqxai ijcl tw m6\x%-zl \±o\> (le nom de Christ; cf. v. 41, infr. p. 73, n. 4) !;jik Sfyrcat, et Mt. x, 40. ô os/ojxêvo; j[j.à; liû SlysTat ; I, 896.
qui croyait avoir autant fait que « les grands apôtres », et ne leur être inférieur en rien *, Si telle est la pensée du rédacteur, l'incident de l'enfant se rattache étroitement à la leçon donnée aux Douze, et à l'affaire de l'exorciste qui n'était pas disciple, pourvu que cei exorciste soit encore le « petit » Paul.
Matthieu, avant mentionné l'arrivée à Capharnaùm avant l'anecdote du didrachme, rejoint Marc au moyen de la formule : « A cette heure », analogue à : « en ce temps-là », ou « en ce jourlà », qu'il emploie volontiers en pareille occasion 2. Pour ne pas faire double emploi, il supprime la question de Jésus et ce qui regarde la querelle des disciples. Ce sont ceux-ci qui interrogent eux-mêmes le Sauveur et lui demandent « qui est le premier dans le royaume des cieux », façon de parler qui ne préjuge rien sur le rapport des personnes dans les communautés chrétiennes, bien que l'évangéliste semble avoir en vue le royaume présent 3 ; car la réponse montrera que l'évangéliste n'envisage qu'une grandeur morale, et qu'il songe plus à définir le caractère de ceux qui appartiennent au royaume qu'à marquer entre eux des degrés de dignité. Il se réserve de dire bientôt que tout ce que les disciples lieront ou délieront sur la terre sera lié ou délié dans le ciel, et l'idée qu'il se fait de la fonction apostolique est plus ecclésiastique et moins paulinienne que celle de Marc. Ayant réduit la dispute des disciples à une question générale, Matthieu exploite, en guise de réponse, l'anecdote de l'enfant. Jésus appelle celui-ci 4, ce qui corrige une lacune résultant de la transposition opérée par Marc, et dit qu'il faut devenir comme un petit enfant pour entrer dans le royaume des cieux, parce que plus on se fait petit, plus on y sera grand ; il ajoute que, si l'on reçoit en son nom un petit enfant, c'est lui-même qu'on reçoit. Pour entrer dans le royaume des cieux, il faut ressembler à un enfant : c'est ce qui est dit dans le récit qu'on trouvera plus loin, et dont Matthieu tire maintenant un autre parti que Marc. Au fond,
i. I Cor. xv, 9-10. II Cor. xi, 5 ; xn, H.
2. Cf. xiii, 1 ; xiv, 1. Ss. Se. mss. lat. lisent ici : « en ce jour-là ».
3. V. 1. ti'ç apx [ASt'Çcov èdTtv èv tt) faai'kîiz twv oùpavwv ;
4. V. 2. xai rcpocjxaX£aàfj.svo; ratot'ov. Cette indication se trouve remplacer le baiser de Me. 36 : xoeî ÈvayxaÀ*.aàtj.£vo; aùro. Noter l'assonance des deux participes. Dans Matthieu et dans Luc, Jésus s'abstient d'embrasser les enfants (cf. Mt. xix, 15 ; Le. xvm, 15-17, et Me. x, 16).
ce qu'il dit sur la nécessité de se faire petit correspond à ce qu'on lit dans le second Evangile touchant l'obligation, pour qui veut être le premier, de se comporter comme le dernier et le serviteur de tous ; la leçon de Matthieu est calquée sur celle de Marc, bien qu'elle soit assez différente. Mais, en présentant ici les enfants comme modèles, le rédacteur du premier Evangile oublie que l'humilité n'est pas une vertu caractéristique de leur âge, et que si la recommandation d'accepter l'annonce du royaume avec la simplicité des enfants est très naturelle, on n'en peut dire autant de l'exhortation à imiter leur humilité. Les disciples sont invités à être en esprit et par le sentiment ce que les enfants sont en réalité et par situation, à savoir « petits ». L'idée est évangélique, mais la façon de la proposer est artificielle et ne doit pas être primitive. Matthieu passe rapidement sur l'obligation de recevoir les enfants au nom de Jésus, se souvenant qu'il a développé la même idée à propos des missionnaires évangéliques, et Ion peut croire que, nonobstant les apparences, il entend désigner, comme Marc, mais sans application à Paul, derrière ces enfants, ceux qui portent le nom du Seigneur, les humbles serviteurs de l'Evangile, ceux qui sont les plus grands dans le royaume, parce qu'ils sont les plus petits à leurs propres yeux *. La suite du chapitre est conçue comme une série de prescriptions concernant le royaume des cieux 2, qui correspond ici plus ou moins à l'Eglise chrétienne.
Luc omet toute interrogation soit de Jésus soit des disciples, parce qu'il doit traiter plus loin la question des places dans le royaume. Il suppose seulement, pour amener la leçon de l'enfant, que les disciples s'étaient demandé en eux-mêmes qui d'entre eux pouvait être le plus grand 3. Jésus, connaissant leur pensée, soit par sa science des cœurs, soit qu'il lise sur le visage des disciples 4,