‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 635 sur 729 · B. Weiss, Mk. 238 ; Holtzmann, loc. cit · texte numérisé non relu

B. Weiss, Mk. 238 ; Holtzmann, loc. cit

5. On peut se poser la question de Strauss, II, 371 : « Faut-il entendre, comme on l'a conjecturé, que, dans l'opinion du deuxième évangéliste (on devrait dire plutôt du rédacteur primitif) le cri suprême avait indiqué que

fait pendant à la formule d'introduction : « Commencement de l'Evangile de Jésus-Christ, Fils- de Dieu » ; elle a dû être conçue à cette fin, sinon dans la source primitive de Marc, au moins dans une rédaction intermédiaire, à laquelle n'était pas encore annexé le récit de la sépulture et de la découverte du tombeau vide.

La mise en scène du premier Evangile justifierait mieux la déclaration des soldats, car, dans Matthieu, les compagnons du centurion s'associent à sa profession de foi. Mais, s'il y avait eu des ténèbres pendant trois heures, s'il y avait eu, pour finir, un tremblement de terre, et si les rochers s'étaient ouverts autour de Jérusalem, ce ne sont pas seulement les soldats romains qui auraient été effrayés, c'est Jérusalem tout entière qui se fût émue, et de tels prodiges n'auraient pu être négligés, en aucun cas, par la tradition apostolique. De même que les détails fournis par Matthieu ne sont pas à interpréter historiquement, de même la profession de foi qu'il attribue aux soldats romains n'est pas à prendre à la lettre.

Dans Luc, les paroles du centurion ne s'expliquent pas précisément par l'admiration qu'éprouve cet homme devant des souffrances patiemment supportées et une mort courageuse '. Le centurion voit « ce qui est arrivé », non les sentiments de Jésus, mais l'éclipsé de soleil et les circonstances extraordinaires de la mort du Christ. Ce sont ces circonstances merveilleuses, où se manifestent les intentions du ciel, qui prouvent à l'officier païen que Jésus était sans crime ". Luc emploie une formule qui lui est familière, mais qui n'est pas exempte d'exagération, lorsqu'il dit que le centurion « rendit gloire à Dieu 3 ». Ces paroles ne signifient pas seulement

l'esprit divin du Messie abandonnait le corps terrestre de Jésus, tout comme les mauvais esprits sortaient généralement du corps des possédés en criant? » Hypothèse bien plus vraisemblable (cf. p. 683, n. 7) que cette autre (ibid.) : « Ou bien Marc voyait-il dans ce cri, qui saisit d'étonnement le capitaine, et dans la promptitude de la mort, qui remplit Pilate de surprise, un signe que Jésus était mort volontairement, avant le moment prescrit par le cours de la nature ? » L'objection de Brandt, 250, contre la première hypothèse, à savoir, que l'esprit divin n'est pas supposé en colère, comme les démons, pour sortir avec un grand cri, ne semble pas décisive. Au point de vue du narrateur, le départ de l'esprit serait toujours une crise violente, tant par rapport à l'esprit que par rapport à Jésus.

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