Me. xiv, 28; supr. p
2. Voir par ex., B. Weiss, Mk. 244, et surtout Holtzmann, 105, 182. D'après ce dernier, les femmes n'auraient pas été effrayées par l'apparition de l'ange, mais consternées par la disparition du cadavre. Pourquoi ce sentiment les aurait-il empêchées de parler ? Il paraît inutile de discuter ici les diverses hypothèses concernant l'enlèvement du corps, soit par Joseph d'Arimathée (conjecture de Scholten, jugée probable par Holtzmann, 105), soit par le propriétaire du tombeau (Renan, Les Apôtres, 42), soit par les ordres du sanhédrin (Schenkel, ap: Brandt, 436 ; A. Réville, II, 461-463), soit par Marie de Béthanie (Renan, loc. cit.), soit par les apôh-es eux-mêmes (Reimarus, Mensinga, (ap. Brandt, loc. cit.).
viennent pour embaumer le corps de Jésus : c'est, ou bien qu'elles sont supposées n'avoir pas entendu les prophéties de la résurrection, ou ne les avoir pas mieux comprises que les apôtres !, ou bien que le narrateur lui-même ne pense pas à ces prophéties, qui n'ont peut-être pas été rédigées par lui 2 ; l'indication du premier jour de la semaine, jour du soleil, et l'idée que la résurrection s'est produite au lever de cet astre, qu'elle vient de se produire au moment où les femmes, arrivent, « quand le soleil venait de se lever », n'est pas sans signification pour l'historien des religions, attendu que, personne n'ayant vu le Christ sortir du tombeau, on ne peut pas savoir s'il a attendu au dimanche matin pour en sortir, et pourtant Marc le croit, et l'Eglise l'enseigne 3 ; l'incident de l'ange et son discours ne sont pas introduits dans un récit qui les aurait d'abord ignorés, ils font corps avec tout le reste, ils constituent le point central et culminant du récit, où l'on ne dit pas que les femmes aient constaté par elles-mêmes que le corps avait disparu, mais où l'ange lui-même le leur fait remarquer, en leur déclarant que Jésus est ressuscité ; la fuite éperdue des femmes et leur silence peuvent n'être pas des traits bien vraisemblables, mais ils le sont beaucoup plus eu égard a leur contexte que par rapport à l'hypothèse du tombeau trouvé vide, sans l'apparition angélique, vu que, dans ce cas, il y avait place pour de l'étonnement, sans frayeur, et nul motif de se taire, tandis que la terreur des femmes s'explique par l'apparition céleste et la nécessité de trouver un motif a leur silence ; la meilleure explication de ce silence est celle des critiques qui l'interprètent de la même façon que le silence imposé aux témoins de la transfiguration 4 ; Marc laisse deviner par là que ce qu'il raconte n'appartient pas aux souvenirs primitifs concernant la résurrection 5, et que la foi au Christ ressuscité ne doit rien à la découverte du