‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 668 sur 729 · Abbott, EB. II · texte numérisé non relu

Abbott, EB. II

3. V. 10. rjsav Se (AD Ss. Se. om. vj. o.) rj May^aX^vr) Map {a xai 'Iojâva xaî Mapt'a î) 'Iaxtojîou, xai aï Xoi7:ai jùv aùxaï; IXeyov jtpô{ toù; àmoaroXoo; raura. Construction embarrassée : les deux verbes ont-ils les mêmes sujets, ou bien faut-il partager ceux-ci, attribuant les trois noms à rjaav, et le bloc des « autres » à IXeyov ? Il semble que la tradition du texte ait été influencée par la préoccupation d'accorder Luc avec les autres évangélistes. Le verset tout enlier ressemble à une glose explicative (Wellhausen, Le. 137) ; mais l'explication paraît être de l'auteur, qui se copie lui-même (cf. supr. vin, 2-3) voulant avoir une énumération parallèle à celle de Marc, et introduire ce qu'il veut signifier touchant l'impression que le récit des femmes a donnée aux apôtres. L'omission de îjjav 8é pourrait venir de ce qu'on n'a pas voulu conduire toutes les femmes au tombeau (cf. supr. p. 707, n. 1) ; mais nBL etc. pourraient bien avoir omis ai' (K etc. mss. lat. Vg.) devant ëXs^ov pour n'amener que trois femmes au sépulcre, et attribuer le récit aux « autres ». Luc attribue à toutes et la visite du sépulcre et le récit.

Matthieu a pu omettre Salomé, parce que Marc lui-même 1 ne l'avait pas mentionnée avec les deux Marie comme ayant assisté à l'ensevelissement de Jésus. Ces deux finissent par se réduire à la seule Marie de Magdala, dans le quatrième Evangile, parce que le symbolisme de Jean s'arrangeait mieux d'une seule femme au tombeau que de plusieurs 2. La donnée de Marc supporte toutes ces indications divergentes, qui ne peuvent ni la compléter, ni la corriger, ni la fortifier au point de vue de l'histoire.

Le texte ordinaire de Luc ajoute en cet endroit un verset qui manque dans quelques anciens témoins, et dont l'authenticité paraît au moins suspecte 3 : « Et Pierre, se levant, courut au tombeau, et, s'étant baissé, il vit les linges seulement, et il s'en revint chez lui tout surpris de ce qui était arrivé. » Ce verset ne se relie pas bien ^u contexte. Le récit continue : « Et deux d'entre eux s'en allaient, ce jour-là », comme s'il n'avait pas été question de Pierre. Bientôt les disciples d'Emmaûs diront que certains disciples sont allés au tombeau et ont trouvé les choses telles que les femmes les avaient décrites. Cette assertion suppose plus que la visite de Pierre seul au sépulcre vide. Celle-ci est visiblement identique à celle où Jean 4 fait intervenir avec Pierre le disciple bien aimé. Plus loin -', il est dit encore que le Seigneur est apparu à Simon. Mais ce n'est pas non plus une référence au verset contesté, où il n'est question que du tombeau vide. L'apparition à Simon n'est pas racontée dans le texte traditionnel de Luc 8 ; elle doit être identifiée à celle que saint Paul 7 a signalée aussi comme la première manifestation du Christ ressuscité. Seulement, si le défaut d'harmonie entre le verset et les deux passages qui suivent favorise l'idée d'une interpolation, il n'en est pas moins vrai que l'interpolation a pu être faite en vue de ces deux passages, et en utilisant le récit du quatrième Evangile. Tous les mots importants se retrouvent chez

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