Textes cités supr. p. 738, n
4. Act. îx, 7; dans xxn, 9 (cf. xxvi, 13), on lit, au contraire, qu'ils virent la
raconter? Sans le travail de conscience qui s'est opéré en lui, Paul lui-même n'aurait-il pas cru que l'éblouissement dont il avait été frappé, la voix qu'il avait cru entendre n'étaient qu'accident naturel et hallucination de son esprit?
Selon Paul, le Christ s'est montré d'abord à Pierre. Etait-ce en Galilée ou à Jérusalem, à Pierre seul ou accompagné d'autres disciples ? Il est fort probable que l'Apôtre a en vue l'apparition annoncée dans Marc, racontée dans le dernier chapitre de Jean et dansl'Evangile de Pierre. L'apparition « aux Douze » pourrait être l'apparition galiléenne racontée par Matthieu, si toutefois celle-ci devait être prise pour un fait déterminé, non pour un résumé ou une interprétation générale de toutes les autres. Elle correspond sans doute aux apparitions que Luc et Jean placenta Jérusalem le soir même de la résurrection. On ne saurait dire si l'apparition aux cinq cents frères est un fait galiléen ou hiérosolymitain : mais est-il probable qu'il y ait eu cinq cents fidèles groupés autour des apôtres, avant qu'ils fussent revenus à Jérusalem prêcher le Christ ressuscité ? Cette apparition se serait donc produite à Jérusalem, dans quelque occasion extraordinaire, par exemple dans une réunion sur le mont des Oliviers, plutôt qu'en Galilée dans quelqu'un des endroits où Jésus avait autrefois prêché. On ne peut songer à l'identifier avec l'ascension, dont saint Paul ne parle pas, et qui, d'après Luc luimême, n'a pas eu pour témoins un si grand nombre de personnes. On ne pourrait l'identifier à la Pentecôte1 qu'en admettant, ce qui d'ailleurs n'aurait rien de contraire à la vraisemblance, que le fait visé par Paul aurait été antidaté et plus ou moins transformé dans les Actes 2. La vision de Jacques pourrait avoir eu lieu en Galilée, et même à Nazareth 3, si elle a déterminé le « frère du Seigneur » à se joindre aux apôtres, ou bien à Jérusalem, si Jacques a été gagné à la foi avant cette apparition. Le témoignage de l'Evangile des Hébreux 4 est loin d'être décisif en faveur de la seconde hypothèse.
lumière, mais qu'ils n'entendirent pas la voix. Ce qui est certain c'est que les compagnons de Paul n'eurent pas comme lui la vision du Christ ressuscité. Le trait ne manque pas de signification.
1. Von Dobsciiutz, Problème des Apost. Zeitallers (1904), 21 ; Julicher, dans Die christliche Religion (1905), 70.