Holtzmann
A. Loisy. — Les Évangiles synoptiques, II. 48
75 i LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES
« Quant a moi, je suisavec vous toujours, jusqu'à la consommation du siècle \, <> Digne finale de l'Evangile, la plus belle qui soit dans les quatre Vies de Jésus que nous a conservées la tradition ecclésiastique. Marc laisse le lecteur en suspens, s'étant arrêté au point où l'existence du Sauveur est entrée dans le domaine de l'invisible. Luc a voulu donner à son livre au moins l'apparence d'une conclusion historique, et il présente la dernière apparition du Sauveur comme une véritable scène d'adieux. Jean 2 termine son Evangile comme il convient à une thèse qui doit prouver que « Jésus est le Christ, le Fils de Dieu ». Le rédacteur du premier Evangile, laissant parler seulement la foi de l'Eglise et la conscience chrétienne, s'est élevé à une vérité plus haute. Son Christ est ressuscité, il vit; mais il ne prend pas plus congé de ses disciples qu il ne démontre sa résurrection ; il estavec les siens jusqu'au dernier jour du monde. Ce jour sans doute ne saurait tarder indéfiniment, mais la perspective de l'avènement prochain est rompue : entre l'Evangile de Jésus et cet avènement, qui coïncidera avec la lin de l'univers maintenant reculée, se place la conquête des peuples, l'organisation de la société chrétienne, une longue vie du Christ lui-même, invisible et présent, dans l'Eglise qui devient son royaume sur la terre. L'esprit général du livre se reconnaît en ce que l'autorité de l'Eglise se trouve ainsi sanctionnée par la volonté du Christ immortel ; car sa présence permanente dans la société de ses fidèles est conçue comme la garantie de celle-ci" de son institution, de sa durée, de son action. C'est le Christ toujours vivant et tout puissant qui, demeurant avec les siens, peut dire efficacement à ceux qui représentent et remplacent Pierre et les apôtres : « Ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et ce que vous délierez sera délié 3. »
L'évangéliste* tout en voulant raconter l'apparition galiléenne annoncée dans Marc, paraît s'être rendu compte de l'élément idéal
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