‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 74 sur 729 · Meyer, Ewald, Volkmar, ap. Holtzmann · texte numérisé non relu

Meyer, Ewald, Volkmar, ap. Holtzmann

6. Grotius et autres, avec différentes modifications, ap. Holtzmann, loc. cit.

aux damnés, on pourra entendre que le vrai disciple, salé par le feu du renoncement, devient victime agréable a Dieu par la souffrance, comme les victimes cultuelles sont liturgiquement consacrées par le sel1; mais, indépendamment delà remarque qui vient d'être faite sur le renoncement, l'idée paraît subtile, et la comparaison tirée du rituel mosaïque peu naturelle, quand même on l'attribuerait à l'évangéliste, à plus forte raison si on l'attribuait à Jésus2.

Bien que les variantes puissent résulter d'omissions accidentelles, on les explique peut-être plus naturellement encore si Ion admet que la leçon : « car toute victime doit être salée », a été d'abord substituée, comme plus claire, à : « car chacun sera salé au feu », dans certaines recensions, et que la leçon commune résulte dune combinaison dont on a beaucoup d autres exemples. La leçon : « car chacun sera salé au feu », a chance d'être authentique, parce qu'elle est plus difficile, et qu'elle ménage une transition entre le précepte de la mortification et la sentence du sel. Elle paraît avoir été imaginée à cette fin; il est permis de n'y voir qu'une suture rédactionnelle, jugée indispensable après ce qui était, écrit des vers et du feu de la géhenne. Cette suture et l'emprunt à Isaïe peuvent être de la même main. Si l'on fait abstraction de ces éléments, la sentence du sel fera une suite assez naturelle aux instructions sur le scandale : le compilateur du discours, qui voulait l'accord des judéochrétiens avec les hellénochré tiens, aura fait donner aux premiers des conseils d'humilité, de bienveillance et de charité, la loi de la vocation chrétienne et apostolique étant l'esprit d'amour désintéressé qui est la condition de la paix. Cet enchaînement général des idées s'accuse assez bien, nonobstant l'embarras des additions secondaires.

Reste à préciser la pensée de celui qui a écrit : « chacun sera salé au feu ». On croira malaisément qu'il ait attribué au mot « feu » deux sens différents, songeant d'abord au feu de la géhenne, qui tourmente, puis au feu du renoncement, qui purifie. N'aurait-il pas

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