‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 77 sur 729 · xviii · texte numérisé non relu

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ayant tourné contre le chrétien scandaleux la pointe de la parabole des Cent brebis, n'a pas besoin de transition pour amener la prescription touchant la façon de traiter le pécheur qui donne du scandale.

La leçon du pardon devient, dans le premier Evangile, la leçon de la correction fraternelle et de la conduite à tenir envers les pécheurs. Matthieu ne dit pas, comme Luc1 : « Si ton frère pèche reprends-le, et s'il se repent, pardonne-lui », ce qui suppose une faute commise contre celui qui pardonne, mais : « Si ton frère pèche, va le réprimander entre vous deux seulement2 », parce qu'il n'a pas en vue le cas d'offenses personnelles, mais le cas de pécheurs existant dans la communauté sans quelle le sache. On a vu déjà l'évangéliste préoccupé de la présence des pécheurs dans l'Eglise : la parabole de l'Ivraie envisageait la question au point de vue du jugement de Dieu, à qui appartient, en définitive, le discernement des bons et des méchants 3. Ici l'auteur paraît vouloir faire régler par la communauté elle-même la situation des pécheurs. On doit admettre ou bien qu'il traite la question théoriquement dans les paraboles, relativement aux pécheurs ignorés, et pratiquement dans notre passage, relativement aux pécheurs connus ; ou plutôt, puisque l'Ivraie ne peut guère s'entendre de pécheurs ignorés, qu'il a recueilli des solutions différentes qui existaient avant lui dans la tradition, sans prendre soin de les concilier par la distinction expresse que le commentateur est obligé de formuler.

Il ne s'est pas inquiété non plus d'accorder son petit traité de la correction fraternelle avec la défense de juger, qui se lit dans le discours sur la montagne 4. On peut dire qu'il s'agit ici de fautes extérieures, graves et certaines, qui peuvent devenir un scandale pour la communauté si l'on n'y remédie promptement, tandis que le discours concerne les jugements en général et l'intervention inopportune et injustifiée dans les affaires d'autrui. Mais la véritable explication est à chercher dans la différence des points de vue et

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