I Cor. x, 32 ; xi, 16, etc
sans doute son autorité diffuse, le régime particulier des communautés, mais une autorité générale et distincte, qui est aux autorités particulières ce que Simon-Pierre a été relativement aux disciples et à Paul lui-même. L'intérêt que l'évangéliste prend au chef des apôtres n'est pas seulement rétrospectif mais actuel; il n'a pour objet le passé que dans la mesure où le passé importe au présent; il atteste que Pierre vit encore quelque part. Une tradition de Pierre, qui importe à toute l'Eglise, subsiste dans l'Eglise. Les critiques qui voient dans ce passage de Matthieu le plus ancien témoignage des prétentions de l'Eglise romaine ' rencontrent l'interprétation catholique du texte.
L'Eglise dont parle Matthieu est celle qu'il connaît, dont il est, non seulement la primitive communauté apostolique. Cette Eglise a la solidité qui convient à un édifice bâti par la main de Dieu, et sur un fondement tel que Pierre 3. Les portes de l'enfer ne l'emporteront pas sur elle. Quelques interprètes modernes voient là une simple comparaison 3. L'enfer est conçu comme une sorte de forteresse souterraine dont lesportes ne peuvent être brisées, et ne laissent pas sortir ceux qui les ont une fois franchies. Les portes de l'enfer ne l'emporteraient pas sur l'Eglise, parce que l'Eglise est plus inébranlable encore que les portes du ténébreux séjour. Mais l'idée d'un succès qui doit échapper à la puissance infernale semble clairement indiquée 4. Les portes de l'enfer, c'est-à-dire la puissance de la mort, triomphent de tout ce qui passe sur la terre; elles se referment sur tous les hommes ■' et sur tous les empires de ce monde ; jamais pourtant elles ne se refermeront sur l'Eglise, parce que l'Eglise de Jésus ne meurt pas. L'enfer ne doit pas désigner ici, au moins directement, la puissance du mal, mais le royaume de la mort, suivant l'usage de l'Ancien Testament. L'Église vivra toujours ; elle ne changera que pour devenir le royaume glorieux du Christ, et elle est déjà le royaume des cieux. C'est pourquoi les portes de l'enfer ne la retiendront jamais captive derrière leurs éternels verrous. S'il s'agissait d'un combat entre l'enfer et l'Eglise,