Cf. Is. xxn
!i. xviii, 18.
dont il s'agit, mais seulement par ceux qui la conduisent, les surveillants et anciens, en qui Matthieu reconnaît certainement les successeurs ou tout au moins les délégués des apôtres ; et ils sont spécialement dans Simon, parce que Simon est Pierre, et en tant qu'un centre principal d'autorité existe dans l'Eglise, présidant à l'ordre et à la vie de cette institution. Il serait également arbitraire de soutenir, en partant de ces textes, que Matthieu ne connaît pas <lans l'Eglise d'autre autorité que celle de Pierre, ou de prétendre, malgré les textes, qu'il n'attribue à Pierre aucune autorité qui n'appartienne au même titre à tous les autres apôtres. Les Douze, c'est-à-dire les présidents des différentes communautés, ont les mêmes pouvoirs; mais Pierre seul, c'est-à-dire les présidents de la communauté qui représente la tradition de Pierre, les possède à titre de chef, par une sorte d'épiscopat universel.
Au pouvoir des clefs se rattache celui de lier et de délier, avec l'autorité de Dieu, en sorte que tout ce que Pierre liera ou déliera sur la terre, sera censé lié ou délié dans le ciel ', c'est-à-dire ratifié et résolu par Dieu même 2. Comme le pouvoir des clefs vise directement les personnes, le pouvoir de lier et de délier se rapporte directement aux choses. Lier et délier 3 signifient, en langage rabbinique, défendre et permettre, et se disent des décisions formulées par les docteurs dans l'interprétation de la Loi. Ainsi l'école de Hillel « déliait » beaucoup de choses que celle de Shammaï « liait 4 ». Une explication plus large de cette formule est réclamée par le contexte. Les décisions de Pierre ne sont pas des opinions de casuiste, des interprétations scolastiques d'un texte légal, mais de véritables règles et des lois. On pourrait presque déjà parler d'autorité principale en matière de canons, mais surtout pour ce qui concerne la discipline de l'Eglise et notamment la rémission des péchés 5. Simon Pierre est donc la première autorité apostolique en ce qui regarde la foi, puisque le Père lui a de préférence révélé le mystère
1. V. 19. xat o èxv 87)'<J7]ç ln\ 7rj; yrj? ïry-ot'. oeoîuïvov iv toi; oupavoïç, zal S iàv Ajarj; ïizi Tïjç jr\ç ïa~%'. XeXu[/ivov iv toïç oupavoïç.
2. Dalman, I, 174. Ce n'est pas l'idée rabbinique du sanhédrin céleste ratifiant les décisions du sanhédrin terrestre touchant l'application de la Loi.