‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 138 sur 726 · Jùlicher, II · texte numérisé non relu

Jùlicher, II

mules : « au ciel » et « devant les anges de Dieu l » sont des euphémismes théologiques. Dans l'application de la parabole on ne parle pas des justes, parce que les drachmes ne s'adaptaient pas comme les brebis à ce côté de la comparaison 2.

La parabole des Brebis se trouve, dans le premier Evangile, adaptée au thème général du discours sur le scandale des petits. Il faut éviter de scandaliser le dernier des fidèles, parce que Dieu attache un prix inestimable aux âmes les plus humbles. On n'a pas assez d'attention au mal qu'on leur fait par mauvais exemple ou autrement ; cependant leurs anges gardiens sont ceux qui, dans le ciel, sont les plus rapprochés du trône de Dieu ; ils appartiennent à l'entourage immédiat du Seigneur. On jugera de l'estime où Dieu les tient, par la place d'honneur qui est attribuée aux esprits qu'il commet à leur garde. De même que les « Fils de Dieu », dans le prologue du livre de Job, les anges sont censés debout à l'entour du trône où l'Eternel est assis. « Ils voient la face de Dieu », c'està-dire qu'ils ont libre accès auprès de lui, tout comme les grands officiers du palais, dans le style de l'Ancien Testament, sont dits « voir la face du roi 3 ». Pareil à un homme qui a cent brebis, et qui, venant à en perdre une, se met à sa recherche avec ardeur, jusqu'à ce qu'il ait la joie de la retrouver, le Père céleste ne veut pas qu'un seul petit vienne à périr. Non seulement il ne faut pas scandaliser les enfants et les simples ; mais si on les voit en danger de se perdre, il faut s'efforcer de les ramener dans la bonne voie.

1. V. 7. /apà Èv tu ojpavw. V. 10. /api ÈvoSmov Ttov «yY^Xtov tou 6sou. Dans la seconde locution, èvio7;cov ne paraît pas être, du moins originairement, synonyme de àvà uéaov (Jûlichek, loc. cit.), mais substitué intentionnellement aux propositions marquant un rapport direct. L'équivalent des formules de Luc est dans Mt. xvm, 14 : ïix^poaôev tou -axpoç ufju3v tou iv oùpavot;. L'idée primitive est donc : « il y a plus de joie pour Dieu » ; mais le respect religieux invitait à dire « devant Dieu », et même à éviter le nom divin. Il est possible que Jésus ait dit : « devant les Cieux ». La formule serait conservée, mais inexactement traduite dans Le. xv, 7 ; elle est glosée dans Mt. xvm, 14. Le. xv, 10 (cf. xn, 8-9) substitue les « anges » à Dieu, 'en gardant êvoSmov ; mais, comme l'évangéliste n'avait plus scrupule de nommer Dieu, il dit « les anges de Dieu », au lieu de nommer simplement les anges, ou de dire « les anges au ciel » (Me. xn, 25). Cf. Dalman, I, 161, 172.

Z. Selon Jùlicher, (loc. cit.), c'est parce que neuf ferait une progression descendante après quatre-vingt-dix-neuf.

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