‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 151 sur 726 · Cf. Mt. vi · texte numérisé non relu

Cf. Mt. vi

5. Il parait peu probable que toute la combinaison des w. 9-13 vienne de l'évangéliste. Voir cependant Wernle, 96; Jùlicher, II, 512.

l'économe infidèle 165

Luc, xvi, 14. Et les pharisiens, qui aimaient l'argent, entendaient tout cela, et ils se moquaient de lui. 15. Et il leur dit : « Pour vous, vous voulez être justes aux yeux des hommes; mais Dieu connaît vos cœurs. Car ce qui est grand aux yeux des hommes est abominable devant Dieu. l(i. La Loi et les Prophètes jusqu'à Jean : depuis lors le royaume de Dieu est annoncé, et chacun lui fait violence. 17. Mais il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu'un seul trait de la Loi devienne caduc. 18. Quiconque répudie sa femme, et en épouse une autre, commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère. »

L'évang-éliste fait intervenir ici les pharisiens, visiblement atteints par la parole : « Pour vous, vous voulez être justes aux yeux des hommes », etc. Gomment les pharisiens étaient-ils présents, puisque la parole qui précède a été dite aux disciples ? C'est que l'on a besoin d'eux pour leur appliquer une leçon qui n'a pu être adressée à d'autres. 11 est possible que, dans le document exploité par Luc, la parabole de l'Econome ait été adressée aux pharisiens, sans qu'ils eussent été mentionnés au commencement, parce qu'ils constituaient déjà l'auditoire des paraboles antérieures. L apostrophe : « Pour vous, vous voulez être justes », etc., venait après la parole sur les deux maîtres, et n'avait pas besoin d'être expliquée autrement. Mais Luc, ayant voulu édifier ses lecteurs en opposant la fidélité du serviteur de Dieu à l'infidélité de l'économe, a dû faire adresser la parabole aux disciples, sauf à ramener ensuite les pharisiens, auxquels le conseil : « Faites-vous des amis avec les richesses injustes », convient déjà mieux qu'à l'entourage de Jésus. Mais les pharisiens, qui sont riches, veulent passer pour justes *, et ils invoqueraient volontiers la prospérité de leurs affaires en preuve de leur sainteté. Leur justice n'est pas plus la sainteté véritable, que leurs richesses ne sont les vrais biens. Si les hommes peuvent s'y tromper, Dieu ne sera pas induit en erreur. Il connaît le fond des cœurs, et il n'ig-nore pas que les pharisiens, tout en faisant quelques aumônes par ostentation 2, sont les serviteurs de Mammon et non les siens. Au surplus, cet éclat de prospérité mondaine, qui est ce que le vulgaire appelle grandeur, est moins que rien aux yeux de Dieu, qui a en abomination l'org-ueil et le faste.

Si la parabole du riche et de Lazare suivait immédiatement cette

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