‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 167 sur 726 · Cf. Wellhausen, Le · texte numérisé non relu

Cf. Wellhausen, Le

3. Luc n'emploie ordinairement cette formule que pour distinguer les paroles de Jésus d'avec celles d'autres personnes. Ici la réflexion du juge est comme un discours étranger. Cf. xvi, 8; supr. pp. 160-161.

4. V. 6. àxouaaTE. La leçon rizoÛTar; n'est pas suffisamment attestée. Le juge est dit ô xpttrj; ttj; àotzt'a; à raison de ses dispositions ordinaires, signalées au V. 2 ; cf. Le. xvi, 8, ô o:y.ov6[xoz xr)? ôtô'.xiaç.

actuelle, cette explication trahit l'impatiente espérance de la première communauté à l'égard de l'avènement messianique. Mais, au fond, tout, même la punition des méchants, y est conforme à l'enseignement authentique de Jésus.

Il y a une certaine irrégularité de construction dans la phrase : « Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui nuit et jour, et les fera-t-il attendre ? » mot à mot : « les fait-il attendre », c'est-à-dire : « a-t-il l'intention de les faire attendre indéfiniment '? » La finale serait susceptible d'une autre interprétation : « et ne sera-t-il pas patient envers eux? » Mais le contexte et la comparaison d'un passage de l'Ecclésiastique, qui paraît avoir influencé la rédaction de ce passage, ne laissent guère de doute sur le véritable sens 2. On a proposé de traduire : « bien qu'il soit patient à leur égard », ce qui s'entendrait des pécheurs3; ou : « bien qu'il tarde à s'occuper d'eux », c'est-à-dire à délivrer les justes 4 ; ou: « n'est-il pas patient pour eux », c'est-à-dire : « n'écoute-t-il pas volontiers les prières des justes5? » Aucune de ces explications n'est satisfaisante : d'après le langage de l'Ancien Testament, on croirait plutôt qu'il s'agit de la longanimité de Dieu à l'égard des méchants1', et que cette longanimité doit être épuisée.

Ces réflexions répondent à une préoccupation du temps : les élus de Dieu sont persécutés; va-t-il donc les abandonner? Cette préoccupation se rencontre dans l'Apocalypse, qui y fait la même

1. V. l.o oi 0so; ou ixïj —O'.rJ'jT] ttjv ex8mcï]'ctiv :wv ÊxXsxtwv xjto'j tûv [îofov-iov auroi f)aÉoa? xai voxxo;, xaî uaxpoOjaîï In'aùro;;; La var. xaî [*axpo8u[iSv, ou simplement [xaxpoOjawv est un essai de correction.

2. Eccli. xxxn (vulg. xxxv), 15-23; cf. surtout vv. 22-23 : xaî ko^iv. xpt'aiv, xaî ô xupioç ou [jlï"j jjpao'jvr; oùos air, rj.axpoÔuu.TJasi !-'aù-cnç, é'to; av auvipt^r; oaçùv àvsAsr;- [jlovwv xaî toï; ï'Ôvea'.v àvra-oSoiact Èx8ixt)<jiv. Le rapport général de Le. xvm, 7, avec ce passage rend peu vraisemblable l'hypothèse d'une interpolation pour la formule xaî ;j.axpo9'j;j.a i^'aùroî;, quoique l'objet de ïtz 'olutoïç, et le sens de (AotxpoO'ju.r;aec, dans le passage cité, prêtent aussi à discussion. Le sens le plus naturel est que Dieu ne patientera pas avec les ennemis de ses fidèles.

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