‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 177 sur 726 · V. 2. £t k'ijsaTiv àvopt yjvaïy.a à-oXuaai · texte numérisé non relu

V. 2. £t k'ijsaTiv àvopt yjvaïy.a à-oXuaai

auquel ne pensent pas ceux qui l'interrogent. La situation se trouve ainsi changée. Les pharisiens tendaient un piège à Jésus. Maintenant c'est lui qui les guette, et il est sûr de les prendre.

Les pharisiens donnent la réponse qu'on pouvait attendre ; ils invoquent le passage du Deutéronome ' où il est expressément question du divorce comme d'un usage courant : « Moïse a permis décrire une lettre de divorce et de répudier 2. » Rien n'est moins contestable ; mais, selon Jésus, la règle établie par Moïse n'est pas une loi, c'est une dispense, une dérogation à la loi. La dispense a été donnée pour un motif qui n'honore pas les Israélites ; le divorce a été autorisé afin de prévenir des abus plus considérables, et comme un moindre mal. La loi véritable se trouve ailleurs. Elle a été constituée dès l'origine du monde3, car il est écrit, tout au commencement du livre de Moïse, que Dieu fit le premier couple humain « mâle et femelle », d'où résulte l'institution du mariage, et que « l'homme quittera son père et sa mère » pour s'attacher à son épouse, ne formant avec elle qu'un seul corps, dont les membres ne doivent pas être séparés par la volonté de l'homme, mais seulement par celle de Dieu, le maître de la vie.

Les paroles de la Genèse sont données en forme de citations écourtées, dont il suffit d'indiquer le commencement, parce que l'auditeur supplée de lui-même le reste du passage. Ces paroles, selon leur signification originelle, ne consacrent ni la monogamie 4 ni l'indissolubilité du mariage, mais seulement le mariage, l'union de l'homme et de la femme, sans exclure ni la polygamie ni le divorce '. Leur rédaction s'est trouvée susceptible d'une interpréta-

1. xxiv, 1 (LXX). xal ypâisi aùr/f ^i^Xtov i-jzoc-ctiio'j /.ai ôwsêiêt; rà; ysioaç aù-rj;.

2. V. 4. kzi-os^v M"j;Ja?j; fitpXtov à-oaraac'ou yoâ^ai (D, oouvai ypa^ai. Mss. lat. « dare scriptum ». Ss. : « Moïse nous a permis d'écrire une lettre de divorce et de la lui donner » ; cf. n. 1) xaî àxoXuaai.

3. Y. 6. à-j 81 xv/rj; xrîssco;. D, Ss. quelques mss. lat. omettent xtctéw;, qui pourrait avoir été ajouté. Les paroles de la Genèse sont une citation formelle, alléguée en argument. A la fin du v. 7, plusieurs témoins, non les plus anciens, ajoutent, d'après la Genèse et Matthieu : « et il s'attachera à sa femme ». Au v. 8, ot ojo vient des Septante, mais l'addition a chance d'être primitive. Welliiausex, Me. 83, suppose avec vraisemblance que les premiers mots du v. 6 sont une référence directe : « Dans (l'histoire) de la création

Moïse écrit) : « Il les fit homme et femme » etc.

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