‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 19 sur 726 · V. 2'.]. eXeYEV Oî TZÇrOC -avra · texte numérisé non relu

V. 2'.]. eXeYEV Oî TZÇrOC -avra

trouvée clans Marc; comme il a montré le Sauveur à l'écart avec les disciples, il évite de mentionner en termes explicites la présence de la foule, et il s'exprime de façon à signifier la destination universelle du discours qu'il va rapporter, sans insister autrement sur la composition de l'auditoire; il a senti que la leçon s'adressait aux chrétiens bien plus qu'aux Juifs qui ont pu entendre Jésus. Cette leçon du renoncement s'est déjà rencontrée dans Matthieu, et elle revient ailleurs dans Luc, parallèlement à Matthieu : les deux évangélistes l'ont ainsi deux fois, d'après le recueil de discours, et d'après Marc. Celui-ci, qui lui crée un contexte artificiel en l'insérant dans le présent récit, a dû la prendre à la même source, qui la contenait sans indication de circonstance historique, ce qui a permis à Matthieu de la placer dans le discours de mission, et à Luc de choisir une autre combinaison '.

Le noyau primitif du discours est contenu dans la sentence : « Qui veut se sauver se perd, et qui se perd se sauve », avec l'explication tirée du témoignage que Jésus rendra devant le grand Juge à ceux qui l'auront reconnu et à ceux qui l'auront méconnu 2. On a vu plus haut 3 le sens du jeu de mots sur la vie qu'on perd en la sauvant, et qu'on sauve en la perdant. Marc l'interprète par avance en disant que pour suivre Jésus, il faut se renoncer soi-même, c'est-à-dire faire le sacrifice de sa vie, et porter sa croix, se considérer comme crucifié avec Jésus, voué comme lui aux souffrances et à la mort, pour la vie éternelle '*. Luc, songeant

1. Mr. x, 38-39. Noter la différence de construction dans le v. 38, qui fait écho à Me. vin, 34, et dans le v. 39, qui forme une sentence complète et indépendante. Le. xiv, 2o-27;xvii, 33. Cf. I, 895-896, et J. Weiss, AE. 242.

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