Opinion de B. Weiss. Mk
4. Avec Holtzmann, 268 (interprétation catholique); cf. Welliiausen, Mt.
.*>. V. 2t. et fiiXiiç -ceâs'.o; etvai. Addition préparée par la question du v. 20 (n. 1). Sur la portée du mot tIXeioç, cf. Mt. v, 17, 20, 48 ; I, 564, 367, 389.
Bien que le programme tracé par Jésus soit, en fait, un programme de perfection qui ne convient pas à tous les hommes, puisque son application universelle bouleverserait les conditions de l'existence, il ne s'annonce pas en programme facultatif et de subrogation : il s'impose à ceux qui veulent suivre le Sauveur, c'est-àdire qui veulent prendre une part active à l'avènement du royaume des cieux, représenter l'Evangile aux yeux du monde, coopérer avec Jésus au salut de leurs frères, s'assurer d'avance une place dans la cité des élus. A l'heure où Jésus parle, quiconque veut sincèrement le règne de Dieu doit tout quitter pour suivre celui qui l'amène sur la terre.
Le sacrifice demandé par le Sauveur n'avait pas trop coûté à ses premiers disciples, qui étaient de condition modeste. Celui à qui Jésus enjoignait de les imiter était un homme riche. La pensée de renoncer à ses biens et à sa situation, pour mener l'existence errante du Maître galiléen, ne lui sourit pas ; il est affligé de voir que la vie éternelle soit à si haut prix; il s'en va, et l'on ne dit pas qu'il soit jamais revenu; riche, il ne voulait pas se faire pauvre.
Luc ne mentionne pas ce départ; on pourrait croire que le riche est encore là quand Jésus dit que ses pareils n'entreront pas aisément dans le royaume de Dieu. Mais la formule : « Et l'ayant vu, Jésus dit ! », correspond vaguement à ce qu'écrit Marc 2 : « Et Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples. » On ne peut discerner là un indice favorable à l'existence d'un proto-Marc', dont Luc se serait servi. Au fond, l'évangéliste a voulu dire que Jésus, ayant remarqué la tristesse de l'homme, prit de là occasion de donner une instruction sur le danger des richesses ; et si Luc évite de faire adresser cette leçon aux disciples, c'est qu'il a pensé que les disciples étaient pauvres, et n'en avaient pas besoin4. Il a dû connaître le récit de Marc dans sa forme actuelle, puisqu'il en subit l'influence ; mais peut-être l'a-t-il abrégé avec l'aide de ce récit plus court dont on voudrait faire son unique source.
1. V. 24. ISwv o; aùxôv 6 'Irjaou: s-ttsv. D (mss. lat. Ss.) ajoutent, après aùrciv, jtspîXurcov fevojASvov. Ss. fit aussi dans Mt. 23 : » Et voyant cela, Jésus dil » etc.