‹ Les évangiles synoptiques (volume 3)Chapitre 211 sur 726 · Cf. supr. p · texte numérisé non relu

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3. Me. 32.T)aav oè Èv rrj ôSG otva[Jat'vov-Ê; se rapporte aux disciples, qui sont en scène dans x, 23-27, x, 28-31 étant une sorte de parenthèse ou nue surcharge.

4. xal f|V -poâytov aÙToùç 6 'I^aoS:, zaî ÈOajxPouvxo, oi oï ày.oXou6oijvT£ç Icpopouvro. La présence des âxoXouOoïïv-ue; est expliquée par x, 1. Le dernier membre de phrase. o. 8. a. 1., est omis par D, et d'autres témoins lisent mai au lieu de oî 6;, parce qu'on ne voyait pas le sens de ce passage.

l'avenir du fils de l'homme 233

du péril que Jésus affrontait, et n'en étaient-ils que plus effrayés. Matthieu et Luc auront omis ces détails, dont ils ne voyaient pas la portée, et dont ils étaient plutôt choqués.

Cependant le Sauveur prend à part les Douze, comme il avait déjà fait dans une circonstance antérieure '-, pour leur annoncer sa mort et sa résurrection. C'est la troisième fois qu'on trouve cette annonce dans les deux premiers Evangiles, et la quatrième fois dans Luc 2. Les répétitions sont d'autant plus frappantes pour le lecteur, que Jésus semble toujours parler de sa passion pour la première fois, et que les disciples ont toujours l'air de ne pas comprendre. Ce défaut d'harmonie est particulièrement sensible dans Marc, où Jésus se met à « dire ce qui devait lui arriver », comme s'il ne l'avait pas fait encore auparavant 3, et dans Luc, où l'inintelligence des disciples devient de plus en plus inexplicable, si l'on prend les textes avec trop de rigueur. On n'a cependant que des indices bien incertains pour soutenir '* que Luc, pour la seconde et la dernière prédiction, dépendrait d'une autre source en même temps que de Marc : il a pu varier ses formules à seule fin de ne pas se répéter. Marc lui-même pourrait dépendre de sources antérieures, et, au premier abord, l'on est assez tenté d'expliquer par la combinaison de sources parallèles ces prophéties de la passion qui se répètent en termes identiques, et que les apôtres sont toujours censés ne pas comprendre. Mais une autre hypothèse, qui n'exclut pas entièrement la précédente, et qui répondrait peut-être mieux à la réalité du problème, consisterait à admettre que Marc est fondé sur une relation où l'éventualité de la mort était seulement indiquée, et où l'espoir du prochain triomphe restait au premier plan. La rédaction qui sert de base a Matthieu et à Luc aurait été obtenue par l'insertion systématique de paroles très explicites touchant la passion et la résurrection ; et ces additions auraient été pratiquées pour que Jésus luimême ne parût pas avoir été déçu par le dénouement de sa carrière ; pour que le récit évangélique répondît au thème ordinaire de l'en-

1. ix, 30-32, ((lie vise xaù rapaXaprov t.6l\w toù; ôfoosxa, x, 32 h (Ss. omet rcâÀtv).

2. Me. vm, 31 ; Mt. xvi, 21 ; Le. ix, 22. Me. ix (12), 31 ; Mt. xvii (12), 22-23; Le. ix, 44 ; xvn, 25 (cf. Me. ix, 12). Supr. pp. 17-19, 59-62.

3. Il y a subtilité à dire que dans Me. vm, 31, ix, 36, Jésus ne parle que <■ théoriquement » iB. Weiss, Mk. 168) du sort réservé au Messie.

4. B. Weiss, Lk. 581. D'après J. Weiss, Lk. 569, Luc suivrait la source principale du proto-Marc.

23 i LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES

seignement paulinien, et que 1 insuffisance de la tradition représentée par les apôtres galiléens fût en même temps dénoncée, autant quelle pouvait l'être, et dûment corrigée.

Les détails du discours prophétique, tel que le rapportent Marc et Matthieu, sont dans la conformité la plus étroite avec le récit de la passion dans les deux premiers Evangiles. Le mot « crucifier 1 » se rencontre même dans Matthieu, au lieu de « faire mourir » 2. Pour ce cas, du moins, il est évident que le fait a influencé la rédaction de la prophétie, et probablement sans que l'évangéliste en ait eu conscience; car les deux autres écrivains n'auraient pas laissé un terme précis pour une expression vague, si celui-là leur eût été fourni par la tradition. Dans Luc, la passion n'est pas seulement prédite ; elle est présentée comme l'accomplissement des prophéties anciennes. La même idée reviendra plus loin dans les paroles adressées par le Christ ressuscité aux disciples d'Emmaùs 3. La forme qu'elle revêt dans les deux passages appartient soit à Luc, soit à la tradition particulière qu'il représente. La réflexion de Luc sur l'inintelligence des apôtres n'a rien d'inattendu, puisqu'elle s'est déjà rencontrée en pareil cas 4. On ne la trouve pas dans Marc ni dans Matthieu, parce que la démarche des fils de Zébédée et l'attitude que prennent à leur égard les autres disciples montrent suffisamment que l'idée d'un Messie souffrant n'avait encore aucune prise sur l'intelligence des compagnons de Jésus. Mais l'anecdote concernant les Zébédéides paraît, dès l'abord, avoir été conçue, dans la rédaction du second Evangile, pour remplacer la remarque ordinaire sur l'inintelligence des apôtres ; et Luc, pour ménager les deux disciples, comme il a, plus haut, ménagé Pierre •', a pu se borner à reproduire par compensation, avec quelques variantes, et en la développant, la formule générale qui avait été employée dans un cas précédent.

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